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RDC : l’Etat vise 1,3 milliard USD au titre des recettes en avril 2025

Selon la note de conjoncture économique publiée par la Banque Centrale du Congo (BCC), les recettes de du Gouvernement congolais pour le mois d’avril 2025 sont projetées à 3.943,0 milliards de Francs congolais (CDF), soit environ 1,3 milliard de dollars américains au taux actuel, dans un contexte marqué par l’échéance fiscale du paiement du solde de l’impôt sur les bénéfices et profits (IBP) pour l’exercice 2024.
Ces prévisions de recettes sont accompagnées d’une estimation des dépenses publiques à hauteur de 3.514,0 milliards de Francs congolais (CDF).
Cette dynamique laisse entrevoir un excédent de trésorerie de l’ordre de 429 milliards de Francs congolais (CDF) pour le mois d’avril 2025, une performance qui pourrait atténuer les tensions de financement enregistrées au cours du premier trimestre de l’année.
En effet, la situation financière du pays durant les trois premiers mois de 2025 a été plus contrastée. Le déficit budgétaire s’est élevé à 1.747,8 milliards de Francs congolais (CDF), bien au-delà du déficit programmé de 724,5 milliards de Francs congolais (CDF). Ce gap a été comblé principalement par le recours aux titres publics, confirmant la dépendance de l’État aux financements intérieurs pour couvrir ses besoins budgétaires.
Malgré ce déficit, les recettes globales de l’État, y compris les dons, ont atteint 5.723,3 milliards de Francs congolais (CDF), soit un taux de réalisation de 109,1 % par rapport aux prévisions.
Cette performance s’explique notamment par une bonne mobilisation fiscale, soutenue par les obligations déclaratives des grandes entreprises en début d’année.
Du côté des dépenses, la situation a été marquée par un dépassement significatif. Prévues à 5.969,2 milliards de CDF, les dépenses globales de l’État ont atteint 7.470,8 milliards de CDF, soit un ecart négatif de 25,2 %.
Ce niveau de dépenses s’explique en grande partie par la progression des charges courantes et l’accélération des investissements publics.
Les dépenses courantes, essentiellement liées au fonctionnement de l’administration publique, aux salaires et aux subventions, ont été exécutées à hauteur de 4.543,0 milliards de Francs congolais (CDF), atteignant un taux d’exécution de 101,6 %.
En parallèle, les dépenses en capital, qui reflètent les investissements de l’État, ont connu un dépassement de 37,4 % par rapport aux prévisions, s’élevant à 495,9 milliards de Francs congolais (CDF).
Cette évolution des finances publiques traduit à la fois une meilleure mobilisation des ressources internes et une pression croissante sur les dépenses.
Pour le Gouvernement de la RDC, le défi reste d’assurer un équilibre budgétaire durable tout en répondant aux exigences de développement et de stabilité économique.
La période fiscale en cours, marquée par le paiement du solde de l’IBP, constitue un levier important pour améliorer la trésorerie de l’État. Toutefois, la maîtrise des dépenses, en particulier celles liées à la dette et aux investissements, demeure essentielle pour éviter une nouvelle accumulation de déficits au cours de l’année.
La Banque Centrale du Congo et les autorités budgétaires sont attendues sur des mesures de rigueur et de transparence afin de garantir la soutenabilité des finances publiques dans un contexte macro économique encore fragile.
Mitterrand MASAMUNA
























