Afrique
Afrique : les grandes entreprises investissent en moyenne 2 % de leur chiffre d’affaires dans l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (IA) gagne progressivement du terrain au sein des grandes entreprises africaines.
Selon un récent rapport du cabinet de conseil PwC, les grandes organisations du continent consacrent désormais en moyenne 2 % de leur chiffre d’affaires au développement et à l’intégration de solutions basées sur l’IA.
Ces investissements se concentrent principalement sur les fonctions de support, notamment les ressources humaines, la comptabilité et les services juridiques, ainsi que sur l’optimisation des processus opérationnels existants.
Si ces usages permettent déjà d’améliorer l’efficacité et la productivité, PwC estime que le potentiel réel de l’intelligence artificielle en Afrique dépasse largement le simple gain de performance.
Un moteur de croissance pour les économies africaines
D’après le rapport, l’IA pourrait devenir un puissant levier de transformation économique en facilitant l’accès à des marchés encore insuffisamment desservis, en repensant les chaînes de valeur confrontées à des défis d’infrastructures et de logistique, et en favorisant l’émergence de nouveaux produits, services et modèles d’affaires.
Les secteurs des services financiers, de l’énergie, de la santé, de la logistique et de l’agriculture figurent parmi les principaux bénéficiaires potentiels de cette révolution technologique.
À l’échelle mondiale, les entreprises les plus avancées dans l’adoption de l’IA enregistrent déjà des résultats significatifs.
L’étude révèle que les 20 % d’entreprises les plus performantes captent à elles seules 74 % du retour sur investissement généré par l’intelligence artificielle. Ces organisations ont en commun une vision stratégique qui fait de l’IA un vecteur de croissance, des infrastructures technologiques adaptées et une intégration de la technologie dans l’ensemble de leurs activités.
La convergence sectorielle, un défi pour l’Afrique
Malgré ces avancées, le rapport souligne que les entreprises africaines exploitent encore insuffisamment le potentiel de la convergence sectorielle, un concept qui consiste à créer de la valeur en rapprochant différents secteurs économiques traditionnellement distincts.
Les entreprises du continent obtiennent un score moyen de 5,8 sur 10 dans ce domaine, contre 7,1 pour les économies les plus avancées en matière d’IA. Cet écart traduit une capacité encore limitée à développer des partenariats intersectoriels, à créer de nouveaux marchés et à dépasser les frontières traditionnelles des industries. Pourtant, plusieurs défis majeurs du continent nécessitent précisément ce type de collaboration.
L’inclusion financière repose sur l’interconnexion entre les banques, les opérateurs télécoms et le commerce.
L’accès à l’énergie exige une coordination entre les secteurs minier, énergétique et infrastructurel. De même, la modernisation de l’agriculture dépend de l’intégration des technologies climatiques, du financement et de la logistique.
Les travailleurs africains plus ouverts à l’IA
L’étude met également en lumière un élément déterminant pour l’avenir de l’IA en Afrique : l’adhésion des travailleurs.
Selon l’enquête « Africa Workforce Hopes and Fears 2025 » de PwC, 64 % des salariés africains déclarent avoir utilisé l’intelligence artificielle dans leur travail au cours des douze derniers mois, contre une moyenne mondiale de 54 %.
Par ailleurs, 76 % des répondants estiment que l’IA améliore la qualité de leur travail, tandis que 72 % anticipent une hausse de leur productivité au cours des trois prochaines années.
Pour PwC, cette confiance croissante des travailleurs constitue un atout stratégique majeur. Elle pourrait accélérer l’adoption de l’intelligence artificielle sur le continent, à condition que les entreprises orientent davantage leurs investissements vers l’innovation, la création de nouveaux modèles économiques et la résolution des grands défis structurels africains.
Olivier KAFORO
























