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RDC : Ilunkamba abasourdi face au spectacle désolant du projet agricole de Bukangalonzo

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Le premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, en visite de travail dans la province du Kwango ce mercredi 19 aout 2020, a commencé sa tournée par l’inspection du Parc agro-industriel de Bukangalonzo. Devant un spectacle désolant qui l’a ému, il a du mal à comprendre ce qui a pu justifier un tel gaspillage de ressources publiques avec un outil intact à l’abandon.

Un spectacle désolant l’attendait à Bukangalonzo : des dépanneurs qui n’ont jamais volé cloués au sol, des tracteurs neufs jamais utilisés et dont les moteurs ont été retirés et montés sur des baleinières privées, des tonnes d’engrais chimiques abandonnés.

Bref, le parc agro industriel de Bukangalonzo ressemble à un cimetière qui a besoin d’être ressuscité au vu d’importants investissements engloutis par ce projet que d’aucuns qualifiaient d’éléphant blanc.

Qu’est-ce qui s’est passé pour en arriver là ?
C’est la question que s’est posé le premier ministre. Cependant, seuls, les responsables qui ont dirigé ce projet ont la réponse convenable.

Parmi eux, Matata Ponyo, premier ministre à cette époque, a donné une version de faits dans sa toute récente sortie médiatique, à l’occasion de la présentation de la revue biannuelle « Congo Challenge ». La revue a développé le thème : « Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo : séparer les spéculations de la réalité́ ».

Parmi les causes ayant conduit au blocage du projet, soutiennent les chercheurs de ce Think Tank, il a faut compter le ralentissement du mécanisme de financement du projet en 2016, puis sa mise à l’arrêt stoppé en 2017 par le Gouvernement.

Bien plus, ajoutent – ils, le projet avait été privé des moyens suite au lobbying des importateurs de produits agro-alimentaires, soucieux de protéger leur marché évalué à près de deux milliards de dollars par an. Quoi de plus normal qu’ils craignent la grande production prévue à la récolte, ce qui pouvait mettre fin à l’importation des produits agricoles pour lesquels des sommes importantes d’argent sont dépensées par l’Etat congolais.

« La Primature n’était pas impliquée dans la gestion financière et technique du projet Bukangalonzo. Le Gouvernement avait signé un contrat avec une entreprise spécialisée dans le domaine et qui avait, selon ce contrat, la responsabilité technique et financière de ce parc agro-industriel. Et donc s’il y a eu mauvaise gouvernance, il n’appartient pas à la Primature encore moins au ministère de l’Agriculture ou des Finances mais à l’entreprise responsabilisée de rendre des comptes», a déclaré Matata Ponyo.

Cette visite du premier ministre accompagné du ministre de l’Agriculture, du ministre du Développement durable et du vice-ministre de l’Environnement lui a permis de se faire une idée réelle sur les options de la relance prochaine du Parc agro-industriel de Bukangalonzo. Même si la mégestion semble être une réalité à confirmer par les enquêtes des services spécialisés de l’Etat.

A RE(LIRE) : dossier Bukangalonzo, Africom Commodities réclame 20 millions USD à l’Etat

Pour rappel, le projet de Bukangalonzo était lancé en 2014 avec 83 millions USD investis et les 100 millions USD dans la construction du Marché international de Kinshasa. Le Gouvernement avait confié à Africom Commodities la gestion de l’aménagement à l’exploitation.

C’est ainsi que trois sociétés publiques ont été créées le 23 mars 2015 dans le cadre du PPP entre le Gouvernement congolais et Africom Commodities ainsi que les communautés locales.

Premièrement, la Société du Parc agro-industriel de Bukangalonzo chargée de la gestion et de l’aménagement du site, Régulation des activités et de la planification de toutes les activités qui s’y déroulent. Ici, le partenaire sud- africain détient 15%.

Deuxièmement, la Société d’exploitation agro-industriel de Bukangalonzo. Celle-ci s’occupe de l’Exploitation, de la Production et de l’aménagement des autres investissements qui parviendront sur le site. Africom Commodities en détient 30% des parts sociales.

Troisièmement, le Marché international de Kinshasa qui a pour objet social : la distribution, commercialisation des produits agricoles, végétaux, des semences ainsi que la pisciculture. Dans cette société, le sud -africain a 50% des parts sociales.

Nadine FULA

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