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RDC : SOSIDER, les agents accusent plus de 14 ans d’arriérés de salaires !

Les agents et cadres de la Société Sidérurgique de Maluku accusent 177 mois d’arriérés de salaires, soit un retard de 14 ans et demi. Une situation avec de conséquences néfastes sur la vie de ces agents : plusieurs d’entre eux sont décédés sans pouvoir bénéficier de leur dû. D’autres en âge de la retraite ne peuvent pas se retirer faute d’indemnités de sortie.
Toutes ces doléances étaient présentées auprès de leur tutelle, le ministre de l’Industrie, Julien Paluku KAHONGIA au cours d’un entretien qu’ils ont eu ce mercredi 25 septembre 2019 à Maluku.
Ces agents dont la majorité a déjà vieilli, conçoivent mal cette indifférence d’un Etat qui relègue au second rang, l’essor industrielle pourtant salutaire pour l’éclosion de l’économie nationale. Ils ne sont pas allés par quatre chemins pour le faire savoir au ministre de l’industrie, « depuis plusieurs années, l’Etat ne songe pas à apurer ces arriérés de salaire. Nous osons croire qu’avec le nouveau leadership à la tête du pays ainsi qu’au ministère de l’Industrie, notre situation sera décantée. Tous les agents et cadres espèrent qu’avec la mise en place d’un nouveau gouvernement, la situation salariale sera améliorée », a plaidé Mutombo Sonsola, président du xomité de suivi de la SOCIDER.
Attentif aux desiderata de ces employés de l’Etat qui semblent perdre espoir, Julien Paluku a promis d’exposer le problème de la SOSIDER au conseil des ministres qui se tient ce vendredi 27 septembre. Pour lui, des plaidoyers seront faits à plusieurs niveaux.
Sensible à ces cris de détresse, le ministre de l’Industrie a promis de chercher des partenaires prêts à aider cette industrie de l’Etat congolais à se relever. L’usine sidérurgique de Maluku est l’unique Usine sidérurgique de la République Démocratique du Congo.
Une histoire qui risque de s’effacer
Avec la planification du barrage d’Inga en 1963, des investisseurs italiens ont pensé pouvoir créer un pôle de développement industriel pour le marché intérieur congolais. C’est alors qu’une société nationale fut créée le 28 mars 1972. La Société nationale de sidérurgie, pour traiter le minerai de fer de Banalia et produire 250 000 tonnes de produits semi-finis, tels que fils ronds à béton, petits profilés, tôles brutes laminées à froid, tôles galvanisées et tôles ondulées. Le complexe industriel aurait coûté près de 1,5 milliard de francs français entre 1965 et 1975.
L’État congolais, propriétaire, confia la propriété de l’équipement à l’entreprise publique Sidérurgie nationale (SIDERNA). L’usine de Maluku est ouverte en 1974. En 1976, celle-ci se développe et deux cités de 1300 maisons sont aménagées dans ses alentours. La Société d’Exploitation Sidérurgique (SOSIDER) fut créée pour exploiter ce complexe sidérurgique. La SOSIDER était une société d’économie mixte dont le capital était détenu à raison de 50 % par l’État congolais, 25 % par le groupe allemand Finsider Demag et 25 % par le groupe italien Consortium Italipianti.
Cet éléphant blanc ne fonctionna que pendant 5 ans, et ce à 10 % de sa capacité. De 1974 à 1976, l’usine de traitement à froid avait une capacité de 150 000 tonnes par an pour la fabrication des tôles.
En 1980 l’usine de traitement à chaud avait une capacité de 100 tonnes de production de fer à béton et de profilés par an. Cette dernière continua à fonctionner sans vraie production jusqu’en 1988. En 1985, différents fonds de conventions de développement essayeront de relancer l’usine, mais sans succès.
Le vendredi 19 octobre 2012, le gouvernement congolais a signé à Kinshasa, un contrat de concession avec l’entreprise américaine Global ITCM pour la relance de la Socider. La ministre du Portefeuille de l’époque, Louise Munga a expliqué qu’à travers cette concession, l’ « Etat congolais se désengage du complexe sidérurgique de Maluku en faveur de Global ITCM qui devra l’exploiter pendant vingt ans ».
Avec un investissement de 100 millions de dollars américains, l’entreprise américaine Global ITCM était chargée de réhabiliter, moderniser et exploiter la Socider pendant vingt ans. Après cette période, le gouvernement congolais devrait récupérer cette entreprise sidérurgique.
Ce qui a redonné un espoir aux travailleurs. Malheureusement, à ce jour, des exploitants américains ont rendu l’entreprise plus malade qu’avant.
Actuellement, leur seul espoir, la volonté politique visiblement manifeste avec les nouveaux dirigeants à la tête du pays.
Olivier KAMO


















