Afrique
Afrique subsaharienne : Le taux d’investissement régional devrait s’établir à 24,8% d’ici 2030

L’Afrique subsaharienne amorce une phase de redressement économique mesuré, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) pour la période 2025-2030.
Si les défis restent nombreux, les indicateurs macroéconomiques laissent entrevoir une trajectoire de croissance mieux ancrée.
Un regain d’investissement modéré mais constant
Le taux d’investissement régional, estimé à 22,4 % du PIB en 2025, devrait croître progressivement pour atteindre près de 24,8 % d’ici 2030.
Cette évolution témoigne d’un retour progressif de la confiance des acteurs économiques, bien que cette dynamique reste inégalement répartie entre pays exportateurs de matières premières et économies plus diversifiées.
L’épargne nationale remonte légèrement
Les économies africaines épargneront davantage, avec un taux de 19,9 % du PIB en 2025, qui progressera jusqu’à 22,7 % en 2030. Cette amélioration, quoique lente, pourrait contribuer à financer une part plus importante de l’investissement localement, réduisant ainsi la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur.
Inflation en décrue progressive
Après un pic de 12,6 % en 2025, l’inflation devrait chuter à 6,3 % en 2030, selon les projections. Ce recul reflète des politiques monétaires plus rigoureuses et la stabilisation des prix mondiaux, bien que des tensions ponctuelles soient encore à craindre, notamment sur les denrées alimentaires et l’énergie.
Commerce extérieur : lente reprise
Le volume des exportations de biens et services augmentera à un rythme modéré, passant de 3,9 % de croissance en 2025 à 4,5 % en 2030, tandis que les importations progresseront à un rythme similaire.
Les termes de l’échange, légèrement négatifs en 2025 (-0,5 %), deviendront positifs dès 2026, signe d’un meilleur rapport entre les prix à l’export et à l’import, même si la progression restera timide (+0,6 % en 2030).
Les recettes publiques plafonnent
Les recettes des États devraient stagner autour de 19 % du PIB, un niveau jugé insuffisant pour soutenir les besoins en services publics, infrastructures et dépenses sociales. Une réforme fiscale s’impose dans plusieurs pays pour élargir l’assiette et améliorer la qualité de la dépense publique.
L’Afrique subsaharienne s’engage sur une voie de croissance réaliste, mais dépend encore fortement des dynamiques extérieures et de ses capacités internes de mobilisation de ressources.
La maîtrise de l’inflation, l’augmentation de l’épargne et la relance de l’investissement seront déterminantes pour bâtir une croissance inclusive et durable.
Flory Musiswa
























