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RDC : le Gouvernement cible un taux d’accès à l’électricité de 62 % d’ici 2030 pour soutenir l’industrialisation

Longtemps considérée comme l’un des paradoxes énergétiques africains, la République démocratique du Congo tente progressivement de transformer son immense potentiel hydroélectrique en véritable levier de développement économique.
Malgré des réserves énergétiques parmi les plus importantes du continent, le pays reste confronté à un accès limité à l’électricité, une situation qui freine encore l’industrialisation, la compétitivité des entreprises et le développement de plusieurs provinces.
C’est dans ce contexte que le Ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a présenté, le mercredi 12 mai 2026 devant l’Assemblée nationale, les ambitions énergétiques du Gouvernement lors d’une question orale avec débat initiée par l’Honorable Adèle Bazizane Maheshe.
Le Gouvernement vise désormais un objectif jugé stratégique : porter le taux national d’accès à l’électricité de 21,5 % à 62 % d’ici 2030.
Pour les autorités, cette trajectoire doit permettre non seulement d’améliorer les conditions de vie des populations, mais également de soutenir l’émergence d’un tissu industriel plus solide dans un pays où plusieurs activités économiques demeurent pénalisées par le déficit énergétique.
Au cours des échanges, le Ministre est revenu sur plusieurs projets considérés comme prioritaires, notamment les centrales de Kakobola et Bulungu, la relance du barrage de Katende ainsi que les réformes engagées dans le cadre du Compact énergétique destiné à mobiliser davantage d’investissements publics et privés.
Le Gouvernement mise également sur le développement des énergies renouvelables et sur de grands projets structurants comme Inga III et le complexe hydroélectrique de Pioka pour accélérer l’électrification du pays.
Autre élément mis en avant : la finalisation de l’Atlas hydroélectrique national.
Selon le ministère, cette cartographie identifie 3 348 sites hydroélectriques pour un potentiel énergétique désormais réévalué à 167.000 mégawatts.
Pour plusieurs experts du secteur, cette nouvelle base de données énergétique pourrait améliorer la visibilité de la RDC auprès des investisseurs internationaux en offrant une lecture plus structurée et plus crédible des opportunités disponibles dans le secteur électrique.
Les analystes estiment toutefois que l’enjeu dépasse désormais les annonces de projets.
La capacité de la RDC à sécuriser les financements, renforcer la gouvernance énergétique et accélérer l’exécution des infrastructures sera déterminante pour transformer ce potentiel énergétique en croissance économique réelle.
Flory MUSISWA
























