Economie
Monde : En 2025, le prix de cobalt s’est accru de 119,5 % sur fond de régulation renforcée en RDC

Le marché mondial du cobalt a connu une envolée spectaculaire en 2025.
Selon les données de la Banque Centrale du Congo, le cours de ce métal stratégique a atteint un niveau record de 52.790,0 USD la tonne, enregistrant une progression hebdomadaire de 3,6 %.
Sur une base annuelle, la hausse est encore plus marquée : +119,5 % par rapport à fin décembre 2024.
Cette évolution s’explique par une demande mondiale soutenue, principalement portée par la transition énergétique et l’essor des batteries pour véhicules électriques, combinée à une offre restreinte, conséquence directe des politiques de régulation mises en œuvre par la République Démocratique du Congo (RDC), premier producteur mondial de cobalt.
Dans ce contexte, le Gouvernement congolais a décidé de prolonger jusqu’au 31 mars 2026 la validité des quotas d’exportation de cobalt attribués aux producteurs pour le quatrième trimestre 2025. Cette décision a été annoncée par le régulateur congolais dans un communiqué daté du 28 décembre 2025.
Cette mesure vise à répondre aux difficultés rencontrées lors de la reprise des exportations, après l’embargo instauré en février 2025 sur ce métal essentiel à l’industrie des batteries électriques.
Si cette interdiction avait été levée en octobre avec l’instauration d’un système de quotas, plusieurs producteurs n’ont pas pu expédier leurs volumes avant la fin de l’année, en raison de goulots d’étranglement administratifs et logistiques.
Dans le cadre du dispositif initial, un total de 18.125 tonnes de cobalt devait être exporté entre octobre et décembre 2025. Or, le cadre réglementaire ne prévoyait pas, en principe, le report des quotas non utilisés, exposant ainsi plusieurs entreprises au risque de perdre les volumes qui leur avaient été alloués.
La prolongation décidée par les autorités permet donc de sécuriser ces volumes, tout en évitant une rupture brutale dans les flux d’exportation.
Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba, a récemment indiqué que les exportations de cobalt avaient « repris », sans toutefois fournir de précisions sur les volumes effectivement concernés ni sur les sociétés impliquées.
De son côté, CMOC, l’un des principaux producteurs opérant en RDC, bénéficiaire d’un quota de 6.650 tonnes pour le quatrième trimestre 2025, estime que les premières cargaisons ne quitteront le territoire congolais qu’au cours du mois de janvier 2026, le temps d’achever les formalités requises, notamment les contrôles techniques et les paiements douaniers.
Si la prolongation des quotas contribue à réduire l’incertitude autour des volumes non exportés en 2025, elle met également en évidence les défis persistants de mise en œuvre du nouveau cadre de régulation.
Les autorités congolaises sont désormais attendues sur leur capacité à assurer une application durable et efficace de ce dispositif, dans un marché du cobalt caractérisé par une forte volatilité des prix.
L’embargo instauré en février 2025, dans un contexte de surabondance de l’offre mondiale, a largement contribué à la flambée des cours observée cette année. Toutefois, des restrictions prolongées sur l’offre congolaise pourraient inciter les industriels à accélérer la substitution du cobalt par d’autres métaux dans la fabrication des batteries électriques. Un risque stratégique que le Gouvernement congolais devra intégrer dans l’élaboration de sa politique minière, afin de concilier régulation du marché, attractivité du secteur et maintien de la compétitivité du cobalt congolais sur la scène internationale.
Mitterrand MASAMUNA
























