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RDC : cinq chiffres clés du paysage entrepreneurial face à la stratégie gouvernementale de 3C

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L’entrepreneuriat est en panne en Rd Congo. Des chiffres officiels de l’état des lieux que dresse le ministre des Classes moyennes, petites et moyennes entreprises et artisanat, Justin Kalumba Mwana Ngongo, sont alarmants. Pour y faire face, la stratégie définie par le Gouvernement dans le Programme national de développement de l’entrepreneuriat se fonde sur la stratégie de 3C. 

Ces deux aspects ont été abordé à l’occasion du lancement, le lundi 21 septembre 2020, de la campagne de sensibilisation et d’accompagnement des jeunes à l’entrepreneuriat à l’hôtel Rotana à Kinshasa. Une activité que pilote l’Office de promotion des petites et moyennes entreprises congolaises (OPEC) dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme national de développement de l’entrepreneuriat au Congo (PRONADEC).

Cinq chiffres clés 

Primo. Moins de 10 000 entreprises réellement opérationnelles sur près de 60 000 créées depuis 2013. Donc, seules 16,7% ont survécu de la précarité ambiante. 

Secundo. 0,00426 entreprise au Km2 de densité entrepreneuriale atteste que la Rd Congo est un véritable désert entrepreneurial malgré les multiples opportunités qu’elle offre, à tort ou à raison, comme le coffre-fort du monde avec plus de 1 000 substances minérales dont 20 stratégiques pour ne citer que cet exemple.

Tertio. Moins de 2,9 millions d’entreprises évoluent dans l’informel avec plus ou mois 1,3 millions d’emplois.

Quarto. Seules 9% d’entreprises sont performantes et 33% sont des gazelles limitées d’après Média Lab And Co dans sont rapport de 2019. 

Quinto. Le même rapport soutient que 58% d’entreprises sont des survivalistes. Ce qui atteste que l’entrepreneuriat de subsistance prime sur celui de croissance.

A en croire le ministre Justin Kalumba, le secteur informel non intégré contribue à renforcer l’indice de pauvreté. D’où, la nécessité de mettre à profit le Programme national de développement de l’entrepreneuriat au Congo afin de renverser cette tendance. 

« Le problème est tellement si profond qu’une mobilisation générale s’impose pour concourir à trouver des réponses à inadéquation. Il faudrait donc un nouvel élan », a – t -il insisté.

Stratégie gouvernementale de 3C

Pour le Gouvernement, la solution réside dans la stratégie de 3C qui fonde le Programme national de développement de l’entrepreneuriat au Congo. Il en ressort 15 axes d’actions qui doivent concourir à atteindre les objectifs poursuivis. 

A travers ce programme qui s’étendra sur l’ensemble du pays, les entrepreneurs  bénéficieront de cette stratégie de 3C. Entendez par le grand C comme « Climat des affaires » avec plus de sécurité juridique, administrative et judiciaire.

En effet, le premier « C » représente la « Capacité. » Tout devrait être mis en oeuvre pour assurer la capacitation permanente de l’entrepreneur congolais actuel et futur par sa formation ainsi que sa professionnalisation.

Le second « C » indique le « Crédit » ou le « Capital. » Il s’agit du disposif à mettre en place en vue de faciliter et d’encadrer l’accès aux MPMEA congolais aux financements classiques/innovants.

Et le troisième « C » illustre le « Contrat des marchés. » Cela exige un accompagnement étatique des MPMEA congolais à accéder aux contrats des marchés publics (en lotissements) comme privés (sous-traitance).

En réalité, le Gouvernement compte sur la trilogie Formation-Accès au crédit d’investissement-Contrats des marchés pour espérer booster l’entrepreneuriat en souffrance.

OPEC, cheville ouvrière de l’Etat

Le gros du travail revient à l’OPEC, considérée comme la cheville ouvrière dans l’accompagnement de l’entrepreneuriat en République démocratique du Congo. Dans son intervention, le directeur général, Ezéchiel Biduaya a souligné que le Programme national de développement de l’entrepreneuriat au Congo sert de boussole pour le développement du pays. 

« L’OPEC mettra en œuvre un modèle Formation-Action beaucoup plus pratique au delà du coaching en termes d’assistance conseil. Il accueillera tout entrepreneur qui piste une idée-projet ou une idée-produit. L’Office est même prêt à soumettre ses projets viables à l’entrepreneur qui arriverait à en manquer », a – t – il indiqué.

Sur cette lancée, le directeur général de l’OPEC pense que les jeunes qui manifestent un faible esprit d’entrepreneurial devraient changer d’avis pour considérer l’entrepreneuriat comme une option de carrière viable.

A Ezéchiel Biduaya d’ajouter : « chaque jeune devrait avoir un pieds à l’Université et un autre dans le business. S’il ne trouve pas d’emploi après l’Université, il aura alors deux pieds dans le business. »

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Présent à cette cérémonie, le ministre de la Jeunesse et nouvelle citoyenneté, Billy Kambale, a soutenu que 75% des revenus collectés par l’État sont engloutis dans les salaires de près d’un million de personnes payées par le Trésor public. 

« Aujourd’hui, le secteur public est incapable de résorber le chômage de notre jeunesse. Les jeunes, chacun dans son domaine de prédilection devrait investir dans le business », a-t-il recommandé.

De son côté, le directeur général de l’ANAPI, Anthony Kinzo, a prodigué cinq conseils aux jeunes entrepreneurs. Il pense qu’il est important d’observer la discipline, afficher son ambition, apprendre à s’engager avec les autres, avoir de la persévérance, et de l’esprit de sacrifice.

L’OPEC reste disponible à accompagner les entrepreneurs, surtout les plus jeunes, pour constituer une force de l’économie de la République démocratique du Congo.

Patrick BOMBOKA

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