Economie
RDC : Tshisekedi impose la rigueur sur le cobalt, un levier stratégique renforcé après une hausse de 194 %

À l’approche du 15 octobre 2025, date historique de la levée de la suspension temporaire des exportations de cobalt, le Président Félix-Antoine Tshisekedi entend transformer cette mesure conjoncturelle en instrument structurel de souveraineté économique. Objectif : maintenir la dynamique haussière observée sur le marché international et renforcer la maîtrise nationale de cette ressource stratégique.
Depuis la décision de suspendre les exportations pour assainir la chaîne d’approvisionnement, les résultats sont spectaculaires. En sept mois et demi, a-t-on constaté, le prix du cobalt métal a bondi de 21.936 USD à 42.108 USD la tonne, tandis que l’hydroxyde de cobalt a progressé de 12.566 USD à 36.927 USD, soit une hausse de 194 %. Cette remontée traduit une contraction de l’offre mondiale, conséquence directe du contrôle exercé par la RDC, premier producteur mondial.
« La République Démocratique du Congo dispose désormais d’un véritable levier pour influer sur ce marché stratégique, accroître ses recettes et améliorer les conditions de vie de sa population. Il est impératif de maintenir ces acquis. Trop longtemps, notre pays a été victime de stratégies prédatrices. », a-t-il affirmé.
Derrière cette déclaration présidentielle se dessine une stratégie de long terme : substituer la logique de volume par celle de valeur.
La politique de quotas d’exportation, prévue à partir du 16 octobre, vise à encadrer durablement les flux, stabiliser les prix et maximiser les recettes publiques. Ce tournant marque une étape décisive vers une gouvernance économique plus assertive, alignée sur les modèles de régulation observés dans les marchés stratégiques comme le pétrole ou le lithium.
Les profils économiques s’accordent à voir dans cette approche un signal fort : la volonté d’ancrer la RDC dans une régulation souveraine de ses minerais critiques.
En instruisant le Vice-Premier Ministre de l’Intérieur, le Ministre des Finances, le Ministre des Mines et leurs services de soutenir l’ARECOMS, Tshisekedi mise sur une coordination interinstitutionnelle pour consolider la transparence, limiter la fraude et optimiser la captation de la rente minière.
Les mesures annoncées traduisent une volonté d’État assumée. Des contrôles renforcés seront menés a priori et a posteriori, avec des sanctions exemplaires à l’encontre des fraudeurs, pouvant aller jusqu’à l’exclusion définitive du système des quotas.
Dans un marché aussi sensible, cette discipline est capitale pour asseoir la crédibilité de la RDC comme acteur pivot du cobalt mondial.
Le Chef de l’État congolais a également mis en garde contre toute « tentative d’ingérence politique ou économique visant à influencer ce dispositif stratégique », rappelant que l’ARECOMS demeure la seule entité habilitée à communiquer et à fixer les quotas. Cette centralisation de la parole institutionnelle vise à prévenir toute spéculation sur les marchés internationaux.
« C’est dans cette discipline collective et cette vigilance que la République Démocratique du Congo pourra pleinement tirer parti de sa position de leader mondial du cobalt, au bénéfice de son développement et de son Peuple. », a-t-il dit.
À travers cette offensive réglementaire, Tshisekedi cherche à inscrire la RDC dans une trajectoire de puissance minière régulée, où le cobalt, longtemps symbole de dépendance, devient enfin levier de souveraineté.
Un rapport sur la mise en œuvre des instructions est attendu dans les trente jours, prélude à une nouvelle phase de consolidation stratégique.
Flory MUSISWA
























