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Afrique : Le Cameroun compte emprunter 1,6 milliard USD pour relancer ses projets et régler ses dettes

Au Cameroun, l’Etat projette d’emprunter un montant total de 930 milliards FCFA (environ 1,6 milliard de dollars américains), sur les marchés financiers nationaux et internationaux. A cet effet, le Ministre des Finances, Louis-Paul Motaze, a reçu l’autorisation du Président de la République, par Décret signé le lundi 18 août 2025, pour contracter ces emprunts à travers différentes levées de fonds dans le but de financer les projets de développement prévus dans le budget 2025, ainsi qu’à apurer les arriérés de paiement ou restes à payer (RAP) accumulés par l’Etat.
Le Décret indique que 350 milliards FCFA seront levés sur le marché intérieur, soit par émission d’Obligations du Trésor (OT) à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), soit via des OTA sur le marché des titres publics de la BEAC. A cela s’ajoutent 250 milliards FCFA attendus de prêts directs d’organismes privés locaux, et 330 milliards FCFA à mobiliser sur les marchés bancaires extérieurs. La mobilisation de ces 330 milliards FCFA portera à 530 milliards les ressources levées par l’Etat en 2025 pour apurer les RAP.
En mai dernier, un premier Décret avait déjà autorisé un emprunt de 200 milliards FCFA à cette fin. L’encours des RAP est estimé à 485,4 milliards FCFA au 30 juin 2025, selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA).
Les experts du Gouvernement indiquent que ces nouveaux emprunts contribueront à accroître le niveau de la dette publique du Cameroun. A fin juin 2025, celle-ci s’élevait à 14.105 milliards FCFA, soit une hausse de 1,8% sur un an. Malgré cette progression, le pays demeure, selon la CAA, sur une trajectoire d’endettement considérée comme soutenable.
Dans sa stratégie 2025-2027, le Gouvernement fixe le seuil de viabilité de la dette à 50% du PIB, un niveau bien inférieur au plafond régional fixé à 70%.
Selon une analyse de la structure de la dette publique, celle-ci est fortement concentrée au niveau de l’administration centrale, qui en détient à elle seule 93%. Les entreprises publiques en détiennent 6,8%, tandis que la part des collectivités territoriales décentralisées (CTD) reste très faible, à peine 0,2% de l’ensemble.
Olivier KAFORO






















