Finance
France–RDC : Plus de 640 millions d’euros engagés par l’Hexagone, l’énergie et les mines en tête des priorités

En trois ans, la France a dépassé ses engagements envers la RDC, en mobilisant 530 millions USD sur des projets de développement, soit au-delà de 500 millions d’euros promis pour quatre ans.
Au cours d’une interview accordée à une radio à Kinshasa, l’ambassadeur Rémi Maréchaux évoque une redéfinition des priorités pour un partenariat plus ciblé et à fort impact.
Les relations économiques entre la France et la République Démocratique du Congo prennent une nouvelle tournure.
Présent à Kinshasa depuis quelques mois, l’ambassadeur de France, Rémi Maréchaux, a dressé un état des lieux ambitieux des engagements français, tout en annonçant une réorientation stratégique de la coopération.
En 2021, la France s’était engagée à financer 500 millions d’euros de projets en RDC sur quatre ans. En réalité, ce montant a été atteint en seulement trois ans, avec 530 millions USD mobilisés. D’ici la fin de 2025, l’Agence française de développement (AFD) compte quadrupler son effort annuel par rapport à il y a cinq ans, passant de 50 millions à 200 millions d’euros par an.
« Quand je suis arrivé, j’ai trouvé un portefeuille de projets très vaste, mais éparpillé. Si on fait tout, on ne fait rien. », explique l’ambassadeur. Un constat qui a conduit à des discussions avec la Primature congolaise pour réduire le nombre de priorités, afin d’aligner les investissements sur les intérêts conjoints des deux pays.
Rémi Maréchaux le rappelle sans détour : « Ce n’est pas de la charité. »
Les projets soutenus par la France en RDC répondent à des enjeux géopolitiques et économiques globaux, notamment la lutte contre la déforestation, la transition énergétique et la sécurisation de l’approvisionnement en minerais stratégiques.
Le programme énergétique devient central. Le charbon de bois, deuxième cause de déforestation en RDC, pousse la France à soutenir des alternatives.
Le diplomate français annonce le premier événement de mobilisation autour du projet Inga à Paris, avec la participation d’investisseurs institutionnels et privés.
Selon les observateurs, ce barrage pourrait libérer un potentiel énergétique essentiel pour les mines et les populations.
Actuellement, les entreprises minières congolaises font face à un déficit énergétique de 2.000 mégawatts, freinant la croissance du secteur.
« Si nous voulons augmenter la production de cuivre et de cobalt, et favoriser leur transformation locale, il faut plus d’énergie », insiste-t-il.
Au-delà de l’énergie, la logistique et les infrastructures de transport constituent le second pilier de cette coopération révisée. L’enjeu : faciliter l’agriculture, stimuler l’industrie locale, et réduire la dépendance aux importations, sans nuire à l’environnement.
Enfin, le troisième axe majeur est celui de l’enseignement supérieur, avec un accent sur la formation d’ingénieurs congolais dans les domaines de l’énergie et des mines. L’ambition est claire : faire en sorte que des congolais conçoivent, construisent et exploitent les projets comme Inga III ou les exploitations minières locales.
À travers ces nouveaux axes d’énergie, logistique et formation, la France et la RDC posent les bases d’un partenariat plus ciblé, durable et à bénéfices partagés.
Au-delà des montants engagés, c’est une vision commune du développement et de la souveraineté économique qui se dessine.
Mitterrand MASAMUNA






















