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Chine-RDC : Un partenariat stratégique pour les mines et l’industrialisation

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Le jeudi 26 mars 2026, à Beijing, la République Démocratique du Congo (RDC) et la République populaire de Chine ont signé un Mémorandum d’Accord renforçant leur coopération dans les domaines de la géologie et des ressources minérales.

La signature, effectuée par le Ministre des Mines de la RDC, Louis Watum Kabamba, et son homologue chinois Guan Zhi’ou, consacre un partenariat pragmatique orienté vers la création de valeurs pour les deux pays.

Le cadre de cet accord repose sur quatre piliers : concertation permanente, respect du cadre légal congolais, protection des investissements et promotion de la transformation locale des ressources naturelles.

Concrètement, à compter du 1er mai 2026, les exportations congolaises vers la Chine bénéficieront d’un accès en franchise de droits de douane, renforçant la compétitivité du secteur minier.

Ce partenariat s’inscrit dans la continuité du projet structurant Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR), dévoilé le 9 janvier 2026.

Avec un investissement initial de 28,9 milliards USD, le projet vise à valoriser entre 15 et 20 milliards de tonnes de minerai de fer, réparties sur l’ancienne province Orientale (Ituri, Haut-Uélé, Bas-Uélé et Tshopo).

La production débutera à 50 millions de tonnes par an pour atteindre jusqu’à 300 millions de tonnes, soit plus du double de la capacité maximale projetée pour le complexe guinéen de Simandou, considéré comme le plus grand projet minier et d’infrastructure de fer en Afrique.

Le projet MIFOR inclut aussi un corridor logistique combinant rail, fleuve Congo et port en eaux profondes de Banana, pour assurer la transformation industrielle locale.

Selon les experts, cet accord pourrait transformer le modèle minier congolais en favorisant des unités industrielles à grande échelle et en sécurisant les investissements étrangers.

Le mécanisme de suivi prévu vise à garantir la conformité, la transparence et la stabilité, conditions essentielles pour attirer des financements massifs.

Mais la RDC reste confrontée à un paradoxe majeur : malgré un sous-sol richissime estimé à 24.000 milliards USD, produisant plus de 70 % du cobalt mondial et des quantités importantes de cuivre, lithium ou tantale, la population souffre encore.

En 2025, la Banque mondiale indiquait que 85,3 % des congolais vivaient sous le seuil de pauvreté extrême. Le secteur minier, qui représente près de 25 à 39 % du PIB et 95 % des exportations, peine à générer des retombées sociales significatives.

Le lancement du programme PanAfGeo+ INVEST, le 17 mars 2026, illustre l’ambition de la RDC de mieux cartographier son potentiel géologique et de renforcer la gouvernance du secteur.

Pour les analystes, la clé sera de transformer cette richesse souterraine en développement tangible : création d’emplois qualifiés, infrastructures et industrialisation locale, plutôt qu’en simples flux d’exportation vers l’étranger.

En somme, notent les experts, l’accord Chine-RDC et le projet MIFOR pourraient faire basculer le secteur minier congolais dans l’ère industrielle, mais le succès dépendra de la capacité de Kinshasa à conjuguer investissements étrangers, transformation locale et impact social concret pour sa population.

Flory MUSISWA

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