Finance
RDC : 130,7 millions USD investis dans l’exploration minière en 2024

Selon un recent rapport publié par S&P Global Market Intelligence, il ressort que les compagnies minières opérant en Afrique ont investi 1,3 milliard de dollars en 2024, soit une légère baisse de 1 % par rapport à 2023.
Ce repli, avance la source, s’inscrit dans une tendance mondiale de contraction, illustrée par des investissements dans l’exploration à l’échelle globale ayant reculé de 3 %, pour s’établir à 12,5 milliards USD.
La RDC, leader continental, a attiré, à elle seule, 130,7 millions USD dont 71,5 millions USD (environ 55 %) dans le cuivre, ce qui confirme le statut stratégique du pays dans la course mondiale aux métaux de transition énergétique.
Le cuivre, essentiel à l’électrification et à la fabrication des technologies vertes, continue de susciter un vif intérêt des investisseurs, notamment dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga.
La Côte d’Ivoire, qui s’impose comme un nouveau pôle d’attraction dans l’or, suit avec 122,1 millions USD, tandis que l’Afrique du Sud complète le podium africain. L’Afrique de l’Ouest, quant à elle, confirme sa place forte dans le secteur aurifère : le Ghana, la Tanzanie, le Mali, et le Sénégal ont capté 463 millions USD à eux seuls, avec 72 millions USD pour le Mali et 58,5 millions USD pour le Sénégal. Ces chiffres traduisent une intensification de la recherche aurifère, bien que le détail des métaux ciblés reste imprécis pour l’ensemble de ces pays.
Vers une nouvelle géographie des minerais stratégiques ?
La configuration actuelle des investissements reflète l’importance croissante des minéraux critiques dans l’économie mondiale, alors que l’Afrique détient environ 30 % des réserves mondiales.
Dans ce contexte, la RDC joue un rôle clé, non seulement comme premier producteur africain de cuivre et de cobalt, mais aussi comme territoire à fort potentiel géologique sous-exploré.
Pour l’Afrique dans son ensemble, cette dynamique renforce la nécessité d’une gouvernance minière plus stratégique axée sur la transformation locale, la traçabilité et la durabilité des chaînes de valeur.
L’enjeu, pour les experts du secteur, est de taille : convertir les ressources souterraines en leviers de développement économique inclusif: écoles, routes, hôpitaux… face à des économies souvent dépendantes des matières premières.
Pour la République Démocratique du Congo en particulier, la consolidation de sa position dans l’exploration pourrait ouvrir la voie à un nouveau cycle de projets miniers, avec des retombées directes sur l’emploi, les recettes publiques et les infrastructures.
Sur cette lancée, les analystes soutiennent que « ces investissements devraient s’accompagner des réformes pour améliorer le climat des affaires, sécuriser les sites et valoriser localement les minerais extraits ».
Flory Musiswa
























