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Finance

RDC : 60 milliards USD d’aide sous audit

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La République démocratique du Congo entend renforcer son contrôle sur la gestion de l’aide extérieure et améliorer la coordination des interventions de ses partenaires au développement.

Lors de la réunion du Conseil des Ministres du vendredi 29 mai 2026, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a insisté sur la nécessité d’évaluer l’impact réel des ressources mobilisées en faveur du pays au cours des vingt dernières années.

Selon les estimations évoquées au Conseil, près de 60 milliards de dollars américains ont été mobilisés entre 2003 et 2022 sous diverses formes d’aide au développement, d’assistance humanitaire et de coopération internationale.

Ces financements ont contribué à soutenir plusieurs secteurs de la vie nationale, notamment les infrastructures, la santé, l’éducation, l’action humanitaire et la gouvernance.

Toutefois, le Chef de l’État a estimé qu’il est désormais indispensable d’examiner avec objectivité les résultats obtenus au regard des attentes de la population et des objectifs de transformation économique et sociale poursuivis par le pays.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de renforcer le leadership de l’État dans la définition des priorités nationales, la coordination des interventions des partenaires techniques et financiers ainsi que le suivi de l’utilisation des ressources extérieures.

Selon les observations présentées au Conseil, les partenaires au développement collaborent actuellement avec plusieurs centres institutionnels de décision, une situation qui peut compliquer la cohérence de l’action gouvernementale et limiter la visibilité des priorités stratégiques de l’État.

Le Président de la République a rappelé que les partenaires ont vocation à accompagner les politiques définies par les autorités nationales et non à se substituer à la vision de développement portée par le Gouvernement.

Dans cette perspective, un projet de décret portant création, organisation et fonctionnement du Cadre de Coordination et d’Orientation de l’Aide au Développement a été élaboré.

Placé sous l’autorité de la Première Ministre, ce mécanisme vise à améliorer la coordination des interventions extérieures et à renforcer la traçabilité des financements mobilisés.

Le Chef de l’État a toutefois relevé que, malgré sa validation par les instances compétentes, certaines divergences persistent encore quant à la finalisation du texte. Il a précisé que cette réforme ne vise pas à créer une nouvelle structure administrative ni à transférer des compétences d’une institution à une autre, mais plutôt à doter l’État d’un instrument efficace de coordination.

Pour les autorités congolaises, un tel dispositif apparaît d’autant plus nécessaire dans un contexte marqué par les ambitions de transformation économique, de modernisation des infrastructures, d’amélioration des services publics et de consolidation de la paix.

À cet effet, le Président de la République a instruit la Première Ministre de procéder à une évaluation complète de l’état d’avancement du dossier, d’identifier les éventuelles contraintes qui retardent sa mise en œuvre et de proposer les mesures nécessaires à son opérationnalisation effective.

Un rapport détaillé est attendu dans un délai de quinze jours. Les conclusions de cette évaluation pourraient constituer une étape importante dans la réforme de la gouvernance de l’aide au développement en RDC et dans la recherche d’un meilleur alignement des financements extérieurs sur les priorités nationales.

« La souveraineté de notre pays s’exprime également à travers sa capacité à orienter les ressources extérieures vers ses propres priorités et à assurer pleinement le leadership de son agenda de développement. », a souligné le Président de la République.

Mitterrand MASAMUNA

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