Finance
RDC : Des recettes fiscales vulnérables et des incitations inéquitables (rapport)

Les recettes fiscales de la République Démocratique du Congo (RDC) restent faibles, rigides et exposées aux chocs extérieurs, selon le rapport économique de la Banque mondiale publié ce mardi 29 juillet 2025.
Avec un niveau inférieur à 15 % du PIB, les recettes publiques sont bien en dessous des standards régionaux. Leur structure demeure dominée par les revenus miniers (33 %), principalement liés au cuivre, ce qui rend les finances publiques particulièrement sensibles aux fluctuations des marchés internationaux.
Le rapport pointe également une efficacité limitée de la collecte fiscale. L’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) et la TVA génèrent nettement moins de recettes qu’ailleurs en Afrique, reflétant une base fiscale étroite et une administration peu performante.
Autre point d’alerte : les incitations fiscales, jugées excessives et procycliques. Le manque à gagner lié à ces dispositifs est passé de 2 % du PIB en 2017 à près de 5 % en 2023. Les exonérations sur la TVA et les droits d’accises représentent à elles seules plus des deux tiers du total des incitations fiscales, accroissant la vulnérabilité des recettes publiques.
Par ailleurs, la plupart de ces mesures bénéficient principalement aux ménages aisés. La TVA, par exemple, fait l’objet de taux réduits (8 %) ou d’exonérations totales, mais ces dispositifs profitent peu aux ménages les plus pauvres, ce qui pose un problème d’équité.
Concernant l’impôt sur les sociétés, la RDC applique un taux de 30 %, au-dessus de la moyenne régionale (28 %). Près de 40 % des entreprises considèrent cette fiscalité comme un frein majeur à leur activité, contre 23 % en moyenne dans la région. Des exonérations temporaires (3 à 5 ans) peuvent toutefois être accordées via le Code des investissements.
Enfin, les droits d’accises présentent également des effets régressifs. Certaines exonérations concernent des produits de large consommation, comme les carburants, et profitent surtout aux ménages les plus riches.
En outre, l’absence de taxation différenciée selon le degré d’alcool nuit à l’efficacité des politiques de santé publique.
























