Finance
RDC : Le FMI salue la discipline budgétaire malgré les pressions liées au conflit dans l’Est

Le Fonds monétaire international (FMI) souligne la résilience budgétaire du Gouvernement congolais face aux dépenses croissantes engendrées par le conflit armé dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).
L’institution internationale a publié ces observations à l’issue des discussions tenues dans le cadre de la deuxième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la première revue du programme de résilience et de durabilité (FRD).
Selon le rapport de la mission conduite par Calixte Ahokpossi, chef de mission du FMI pour la RDC, les autorités ont réussi à contenir les effets budgétaires de la crise sécuritaire grâce à des mesures de rigueur, notamment la réduction du train de vie de l’État et la re-priorisation des dépenses d’investissement.
« Le conflit dans l’Est continue d’exercer une pression importante sur les finances publiques, avec des dépassements persistants des dépenses de sécurité jusqu’au troisième trimestre 2025. Ces pressions ont toutefois été partiellement compensées par une bonne mobilisation des recettes et une rationalisation des subventions, en particulier dans le secteur minier. », a déclaré Calixte Ahokpossi à Kinshasa, le 5 novembre 2025.
Ces efforts ont permis de maintenir le déficit budgétaire intérieur base caisse en deçà du plafond programmé à fin juin 2025, selon les données communiquées par l’institution.
Le FMI encourage cependant la poursuite d’une gestion prudente des finances publiques, indispensable pour préserver l’équilibre budgétaire et dégager des marges en faveur des dépenses prioritaires, notamment la réponse à l’épidémie d’Ebola dans la région du Kasaï.
Dans la perspective du budget 2026, le FMI recommande de poursuivre la rationalisation des dépenses non prioritaires afin de faire face à la hausse des besoins sécuritaires sans compromettre la stabilité des comptes publics.
Le projet de loi de finances prévoit ainsi plusieurs mesures :
– Le déploiement du système de facturation normalisée de la TVA pour renforcer la collecte fiscale ;
– La poursuite de la suppression des subventions aux carburants dans le secteur minier ;
– Et le non-renouvellement des exonérations fiscales et douanières sur les importations de produits alimentaires de base, dans un contexte de ralentissement de l’inflation.
Ces dispositions visent à accroître les recettes internes tout en protégeant les dépenses sociales et d’investissement.
La situation sécuritaire dans l’Est du pays continue de peser sur les équilibres budgétaires.
Après la prise de Goma par le mouvement AFC/M23, soutenu par le Rwanda, le Président Félix Tshisekedi a ordonné, lors du Conseil des Ministres du 31 janvier 2025, une réduction stricte des dépenses publiques pour soutenir l’effort de guerre.
Le Gouvernement a parallèlement amélioré les conditions de vie des forces armées en augmentant les soldes et primes des militaires et policiers, ainsi que leur couverture sociale et celle de leurs familles. Ces mesures, annoncées par la Première Ministre Judith Suminwa en mars 2025, sont désormais effectives.
Mitterrand MASAMUNA
























