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RDC : le franc congolais va être stabilisé, il faudra juste un peu de temps pour stopper sa dépréciation (Jean-Louis Kayembe)

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RDC : La dépréciation du Franc Congolais prendra encore un peu de temps (Jean Louis Kayembe)

Le franc congolais va retrouver sa stabilité sur le marché de change. Mais il faudra encore un peu de temps pour que les mesures qui sont mises en oeuvre parviennent à stopper cette dépréciation. Assurance de Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, directeur général de la Banque centrale du Congo (BCC) en charge de la politique monétaire et opérations bancaires.

« Nous avons maîtrisé la demande, nous allons conforter l’offre de devises. Nous pensons que dans les meilleurs délais, le taux devrait être stabilisé. Comme nous l’avons fait en 2017, nous allons stabiliser le franc congolais avec le concours de tout le monde. Nous en appelons à la responsabilité collective. La crise est mondiale. Et les efforts de stabilisation doivent provenir de chaque acteur de l’économie nationale : l’Etat, secteur privé et de la Banque centrale du Congo », a indiqué Jean-Louis Kayembe lors de l’émission Le Débat économique sur Top Congo FM intervenu le samedi 25 juillet 2020. 

Pour conforter la mise en oeuvre des mesures prises par la Banque centrale pour stabiliser la monnaie nationale, le Gouvernement devrait ainsi poursuivre et renforcer l’ajustement budgétaire qui l’oblige o collecter un peu plus, à réduire le train de vie des institutions et à respecter le dispositif sur base caisse pour éviter tout déficit entrainant le financement monétaire. 

A Jean-Louis Kayembe d’insister quant secteur privé : « il faut éviter les spéculations outrancières. On spécule trop sur le taux de change. Les cambistes veulent profiter sur les spraed (la différence entre le prix de l’offre et le prix de la demande d’une monnaie) et il y a une certaine bulle spéculative. Arrêtez cette bulle spéculative parce que la Banque centrale est en train de maitriser les fondamentaux. »

Avis non partagé par Leny Ilondo qui précise que le secteur privé ne se livre pas à la spéculation mais, à la limite, il fait de l’anticipation. Pour lui, ceux qui contribuent à la dépréciation du taux de change ce ne sont pas les entreprises mais l’Etat congolais. 

« C’est l’Exécutif et la Banque centrale avec les opérations que vous effectuez avec les banques. Raison pour laquelle nous disons qu’il faut un changement de gouvernance chez vous, il faut la rigueur tant pour la BCC que l’Exécutif national », a – t – il préconisé.  

Qu’à cela ne tienne,  Jean-Louis Kayembe reste convaincu que pour gagner ce pari, il faut l’apport de toutes les parties prenantes comme cela a été cas en 2017 lorsque la monnaie nationale, avant d’être stabilisée, a connu une dépréciation de 54% par rapport au dollar américain.

« Le problème actuel est conjoncturel. En 2018, malgré le financement des élections sur fonds propres, le taux d’inflation n’a pas explosé. En 2019 aussi, le Franc Congolais a été stabilisé. En 2020, jusqu’au mois de mars, le cadre macroéconomique était stable. C’est la crise sanitaire liée à la maladie à coronavirus qui cause la dépréciation du franc congolais », a-t-il expliqué.

La crise économique actuelle, justifie Jean Louis Kayembe, est mondiale. Selon lui, toute l’économie planétaire en récession et la RDC fait les frais de cette situation. Le commerce a baissé entre 13% et 32%. Étant donné que l’économie congolaise est extravertie, quoi de plus normal qu’elle soit affectée par la crise internationale.

« Il n’y a pas que le franc congolais qui connait une dépréciation. La monnaie zambienne a connu une dépréciation de 15%, la monnaie Sud-africaine en a connu jusqu’à 14% et la monnaie nigériane entre 20% et 30%. Plusieurs autres monnaies aussi. Nous ne soFranmmes pas la seule à avoir connu cette situation », a justifié le haut cadre de la BCC.

Parmi les causes ayant conduit à la dépréciation de la monnaie congolaise, il a épingle le déficit des devises sur le marché de changes. Les devises que consomme le pays viennent des exportations qui, elles, sont aussi en baisse. Des transferts d’argent ont diminué, des investissements directs étrangers sont également en baisse. Aussi, les banques n’ont pas suffisamment exporté de devises.

« Les banques du monde entier luttent pour atténuer le choc de la crise. Et nous y arriverons. En 2017, la dépréciation avait atteint 54%. On nous promettait le pire, mais nous avons réussi à stabiliser la monnaie nationale. Nous sommes entrain d’augmenter l’offre de la devise sur le marché. Nous avons vendu 25 millions de dollars américains », a rassuré Jean-Louis Kayembe.

Optimisme non partagé par Marcelin Bilomba, membre du collège économique à la Présidence de la République. Il estime que la Banque centrale du Congo a manqué l’occasion de stabiliser la monnaie.

« A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. La BCC n’a pas pris ces mesures. A l’heure actuelle, il faut des solutions novatrices », a-t-il brandi.

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En rappel, l’accélération de la dépréciation du franc congolais face au dollar américain s’observe depuis quelques semaines. Et depuis le début de l’année en cours, la monnaie nationale a connu une dépréciation de plus de 12%.

La monnaie congolaise se change à 2 030 francs congolais le dollar au parallèle et à 2 000 francs congolais le dollar à l’interbancaire, contre 1 950 CDF et 1 920 CDF, respectivement au parallèle et à l’interbancaire. Une situation justifiée par la crise sanitaire liée à la Covid-19.

Olivier KAMO

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