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Finance

RDC : Le Gouvernement réactive le régime décadaire pour soulager la trésorerie des pétroliers

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Dans un contexte de fortes tensions sur les marchés pétroliers internationaux, le Gouvernement congolais ajuste progressivement son dispositif de riposte.

Après les premières mesures sur les coûts d’importation, le Ministre des Finances, Doudou Fwamba, vient de franchir une étape supplémentaire en réactivant, à titre exceptionnel, le régime décadaire au profit des opérateurs du secteur pétrolier.

Par une instruction adressée aux régies financières et aux acteurs du secteur, cette facilité de paiement est rétablie pour une durée de 60 jours. Une décision qui vise, en toile de fond, à desserrer la contrainte de trésorerie qui pèse sur les importateurs, confrontés à la hausse des coûts logistiques et à la volatilité des prix à l’international.

Le Gouvernement prend toutefois soin d’en préciser les contours, rappelant que « le régime décadaire constitue une facilité de paiement discrétionnaire […] et ne saurait en aucun cas être interprété […] comme un droit acquis ou permanent ». Une mise au point qui traduit une volonté de maintenir la discipline budgétaire, même dans un contexte d’assouplissement temporaire.

Dans le même esprit, les autorités justifient cette décision par l’environnement international incertain, soulignant que cette mesure est prise « exclusivement pour répondre à l’instabilité des cours mondiaux […] et prévenir tout risque d’asphyxie de la trésorerie des importateurs ».

Autrement dit, éviter que les opérateurs, pris en étau entre coûts élevés et obligations fiscales immédiates, ne ralentissent les importations, avec, à la clé ; un risque réel de tensions sur l’approvisionnement.

Sur le terrain, cette réactivation du régime décadaire pourrait apporter un répit bienvenu aux entreprises du secteur, en leur permettant d’échelonner le paiement des droits et taxes. Une bouffée d’oxygène dans un environnement où chaque décalage de trésorerie peut se traduire par des ruptures dans la chaîne d’approvisionnement.

Mais cette souplesse administrative s’accompagne d’une exigence, celle d’un suivi rigoureux des engagements.

Le ministère insiste sur la nécessité d’une mise en œuvre immédiate, assortie d’un contrôle strict du respect des échéances de paiement. Une manière d’éviter que l’allègement ponctuel ne se transforme en dérive structurelle.

Dans les cercles spécialisés, la mesure est globalement jugée cohérente avec la séquence actuelle.

Des analystes des finances publiques et de l’énergie estiment qu’en période de choc externe, ce type d’instrument permet d’absorber les tensions sans casser la dynamique d’approvisionnement.

En facilitant la trésorerie des importateurs, l’État sécurise indirectement l’accès au carburant, glissent-ils.

Pour autant, les mêmes experts appellent à la vigilance. Ils rappellent que ces mécanismes dérogatoires, s’ils venaient à s’inscrire dans la durée, pourraient fragiliser les recettes publiques et brouiller la lisibilité du cadre fiscal. À leurs yeux, l’enjeu reste de contenir ces ajustements dans le temps, tout en accélérant les réformes de fond du secteur.

Cette décision s’inscrit ainsi dans une série de mesures prises ces derniers jours par l’Exécutif national pour contenir les effets de la crise pétrolière. Elle vient notamment compléter la suspension, pour 45 jours, du plafonnement du différentiel de transport décidée par la Première Ministre, dans une tentative d’équilibrer, à court terme, les contraintes des opérateurs et les impératifs d’approvisionnement national.

Flory MUSISWA

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