Finance
RDC : Les régies financières ont mobilisé 2.119,4 milliards de CDF en mars 2026

Au 31 mars 2026, les régies financières de la République démocratique du Congo ont mobilisé un total de 2.119,4 milliards de francs congolais (CDF), soit environ 862,9 millions USD, selon les données officielles publiées par la Banque Centrale du Congo.
Ce niveau de recettes dépasse significativement les prévisions mensuelles fixées à 1.881,2 milliards de CDF, traduisant une amélioration du recouvrement fiscal et parafiscal.
Toutefois, cette performance est éclipsée par un niveau de dépenses largement supérieur aux prévisions, mettant en lumière les tensions persistantes sur les finances publiques.
Dans le détail, la Direction Générale des Impôts (DGI) arrive en tête avec 927,8 milliards de CDF, confirmant le poids prépondérant des impôts directs et indirects dans les ressources de l’État. Elle est suivie par la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), qui a généré 676,1 milliards de CDF, portée notamment par les recettes douanières.
De son côté, la Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires, Domaniales et de Participations a contribué à hauteur de 515,5 milliards de CDF, illustrant l’apport non négligeable des recettes administratives et parafiscales.
En dépit de cette dynamique favorable des recettes, la gestion budgétaire du mois de mars est marquée par une forte accélération des dépenses.
Alors que les projections tablaient sur 2.183,2 milliards de CDF, les décaissements effectifs ont atteint 3.125,5 milliards de CDF, soit un dépassement de près de 43 %.
Les charges salariales demeurent le principal poste de dépense, avec 1.275,1 milliards de CDF consacrés à la rémunération des agents et fonctionnaires de l’État. Les frais financiers, bien que relativement contenus, se sont établis à 38,1 milliards de CDF.
Ce déséquilibre entre recettes et dépenses se traduit par un déficit budgétaire significatif pour la période sous revue.
Malgré des recettes supérieures aux attentes, l’ampleur des dépenses publiques met en évidence les défis structurels de la gestion des finances publiques en RDC, notamment en matière de discipline budgétaire et de maîtrise des charges récurrentes.
La note de la BCC souligne que les opérations financières de l’État au cours du mois de mars se sont appuyées non seulement sur les recettes des régies financières, mais également sur les ressources mobilisées sur le marché domestique. Une stratégie qui traduit la volonté des autorités de diversifier les sources de financement, tout en limitant la dépendance aux appuis extérieurs.
Si la performance des régies financières constitue un signal positif pour la mobilisation des ressources internes, elle ne suffit pas à compenser la dérive des dépenses publiques.
Dans un contexte économique encore fragile, la capacité du Gouvernement à renforcer la discipline budgétaire et à rationaliser les dépenses sera déterminante pour préserver les équilibres macroéconomiques.
Mitterrand MASAMUNA






















