Finance
RDC : l’Etat réoriente le budget 2025 vers les priorités sécuritaires et sociales

Le Projet de Loi de Finances réajusté affiche un double visage : des recettes publiques en recul de 7,2 % par rapport aux prévisions (32.216 à 29.892 milliards de Francs congolais), mais des dépenses orientées massivement vers les priorités sécuritaires et sociales.
Ce recentrage budgétaire intervient dans un contexte marqué par la guerre à l’Est, la suspension de l’exportation du cobalt et les difficultés de mobilisation des recettes.
Recettes sous pression
Les recettes courantes fléchissent, notamment celles issues des douanes (-13,8 %), des recettes non fiscales (-13,9 %) et des recettes exceptionnelles (-25,5 %). Malgré cela, les impôts résistent avec une légère baisse de 0,8 %, notamment grâce aux revenus miniers (8.693 milliards de Francs congolais).
L’appui budgétaire extérieur progresse fortement (+94,9 %), porté par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).
Dépenses recentrées
Sur les 45.750 milliards de Francs congolais (CDF) de dépenses prévues, 38,4 % des recettes courantes sont allouées aux rémunérations, avec une hausse notable de 13,13 %. En tête : le doublement des salaires pour l’armée, la police et les services de sécurité, et le recrutement de 15.000 soldats. Le service de la dette explose de 56,9 %, tandis que les dépenses d’investissement chutent de 24,5 %, avec un gel ciblé sur les projets non prioritaires.
Les perdants du réajustement
Les transferts et subventions enregistrent une chute de 37,8 %, affectant notamment les rétrocessions aux provinces (-41,4 %), les interventions sociales (-32,9 %) et les mises à la retraite (-72 %). Le train de vie des institutions subit aussi un coup de rabot de -18,9 % pour leur fonctionnement.
Pour les experts, ce budget ajuste la voilure face aux vents contraires économiques. L’État fait le pari de la sécurité comme socle de stabilité, quitte à rogner sur les investissements et la solidarité interinstitutionnelle. Une stratégie de guerre… en temps de paix fragile.
Flory MUSISWA






















