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RDC : La société «Congo Futur» est-elle réellement black-listée par les banques commerciales ?

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RDC : La société «Congo Futur» est-elle réellement black-listée par les banques commerciales ? 1

Kassim Tajeddine, le propriétaire présumé du géant congolais du commerce général « Congo Futur » a été arrêté à l’aéroport de Casablanca au Maroc le dimanche 15 Mars 2017. L’homme était recherché depuis 2010 par un Juge américain qui le soupçonne, sur base d’un rapport du Département du trésor américain, d’être impliqué dans le financement du Hezbollah.

Son extradition devrait se faire conformément aux dispositions du code pénal marocain, notamment l’article 729 qui exige que le parquet de Casablanca saisisse le Ministre de la Justice et le procureur général près la Cour de cassation. Et que ce dernier transmette le dossier à la chambre criminelle de la même Cour qui, elle, dispose d’un délai de cinq jours pour prononcer, le cas échéant, le jugement de son extradition.

Cette arrestation est une occasion pour Zoom Eco de faire un gros plan sur les activités du Groupe « Congo Futur » en RDC où il tient l’économie en haleine. Et ce, dans un contexte où il est frappé d’isolement, à partir des États-Unis, des systèmes financiers et commerciaux internationaux.

Société black-listée
Les opérations bancaires de Congo Futur seraient black-listée par les banques commerciales opérant en RD Congo. Et ce, depuis 2010 lorsque le département du Trésor des États-Unis a placé cette société sous les sanctions ciblées sous prétexte qu’elle ferait partie d’un réseau de sociétés contrôlées par les trois frères de Tajeddine, Kassim, Husayn et Ali, pour alimenter en millions de dollars le Hezbollah.

Conséquence : les banques commerciales locales se voient obligées de ne pas travailler avec cette société à défaut de subir des sanctions notamment le blocage du code SWIFT, car ayant signées le « Patriot Act » américain.

Et donc, selon nos informations, Congo Futur travaillerait de moins en moins avec des banques congolaises pour des opérations à l’interne en même temps qu’elle recourt au réseau des agences des transferts d’argent de l’intérieur du pays à Kinshasa. Cependant, apprend-t-on, cette société utiliserait un autre filon, non autrement identifié, pour ses opérations à l’international.

M. Kassim. Ph. jpost.com

M. Kassim. Ph. jpost.com

Six grandes filiales
Le Groupe Congo Futur étend ses activités dans plusieurs domaines. Il compte ainsi plusieurs entreprises notamment : Futur Tower (BTP), Atlantic Trading Company (Charcuterie industrielle), Trans-M (Exploitation forestière et transport du bois), Congo Futur Plastic (industrie de plastique et sacs), Biscuiterie Congo Futur (industrie agroalimentaire) et Société Congo Futur (Distribution et Commerce de gros).

Si Congo Futur est réellement black-listée par la FED et par les banques commerciales, il y a lieu de considérer que certaines de ses opérations commerciales se font au comptant (en cash). Des interrogations sont nombreuses dans le milieu d’analystes.

Où va cet argent et par quel réseau ? Comment la Banque Centrale du Congo parvient – t – elle à faire le suivi d’importants flux financiers de cette société ? Que font les structures étatiques chargées de lutter contre le blanchiment des capitaux et le financement au terrorisme en RDC ? Comment le Gouvernement Badibanga s’y prend? Qu’est-ce qui justifie le silence de l’Assemblée nationale et du Sénat?

Les tentatives de Zoom Eco afin d’obtenir des précisions auprès de « Congo Futur » sont restées vaines.

Mais en attendant des réponses à cette série de questions, Ahmed Tajeddine, présenté comme propriétaire officiel, qui n’est pas soumis aux sanctions du Trésor américain, a affirmé le 11 Mars à l’agence Reuters, que ses frères [Kassim, Husayn et Ali] n’ont aucune part dans Congo Futur et que ce dernier n’est pas lié Hezbollah.

Pour rappel, Kassim Tajideen a été désigné depuis mai 2009 par le Trésor comme un « Specially Designated Global Terrorist (SDGT) » en vertu de l’Executive Order (EO) 13224. Cet acte américain a également ciblé un réseau d’entreprises détenues ou contrôlées par ses frères opérant en Gambie, au Liban, au Sierra Leone, en Angola, aux îles Vierges britanniques et en République démocratique du Congo.

Eric TSHIKUMA | Zoom Eco

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