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Monde : La tonne de l’étain grimpe à près de 55.000 USD

Les récentes analyses des experts de la Commission nationale des mercuriales du ministère du Commerce extérieur de la République démocratique du Congo (RDC) indiquent que le prix de l’étain devrait enregistrer une hausse notable sur les marchés internationaux durant la période allant du 9 au 14 mars 2026.
Selon ces projections, la tonne d’étain devrait atteindre 54.925 USD, contre 47.615 USD la semaine précédente, soit une progression hebdomadaire estimée à 7.310 USD.
Cette évolution traduit la forte volatilité observée depuis le début de l’année sur le marché mondial de ce métal stratégique utilisé notamment dans l’électronique, la soudure industrielle et les technologies numériques.
Cependant, certaines plateformes boursières affichent une tendance différente à court terme.
Sur la plateforme financière Boursorama, les données du mardi 10 mars 2026 indiquent que la tonne d’étain se négociait autour de 48 275 USD, soit une baisse de 4,22 % sur la journée.
Selon la même source, le métal s’échangeait à 57.196 USD une semaine auparavant, illustrant l’ampleur des fluctuations récentes.
Les spécialistes des matières premières expliquent ces variations par plusieurs facteurs structurels et conjoncturels.
D’une part, le marché de l’étain est relativement restreint par rapport à d’autres métaux industriels, ce qui le rend particulièrement sensible aux mouvements spéculatifs des investisseurs et aux ajustements rapides des positions financières.
Au début de l’année 2026, les prix ont été propulsés à des niveaux historiques, dépassant ponctuellement les 53.000 USD la tonne, sous l’effet d’une combinaison de facteurs : activités spéculatives accrues sur les marchés asiatiques, tensions géopolitiques et anticipation d’une forte demande industrielle.
Par la suite, une phase de correction s’est enclenchée sur certains marchés, notamment en raison des prises de bénéfices des investisseurs, de l’augmentation des stocks dans les entrepôts des bourses de métaux et d’un ajustement des anticipations économiques mondiales.
Sur le plan structurel, la demande mondiale d’étain reste soutenue par la croissance de l’industrie électronique et des technologies numériques.
Le métal est indispensable à la fabrication des soudures utilisées dans les circuits électroniques, les semi-conducteurs, les panneaux solaires ou encore les équipements liés à l’intelligence artificielle et aux centres de données.
Les analystes estiment ainsi que la consommation mondiale d’étain pourrait progresser fortement dans les prochaines années, portée par la transition numérique et énergétique, ce qui maintient des perspectives globalement haussières à moyen terme.
La République démocratique du Congo (RDC) figure parmi les principaux producteurs africains d’étain, aux côtés de l’Indonésie, de la Chine, du Myanmar et du Pérou.
La production nationale provient essentiellement des gisements de cassitérite exploités dans l’est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Selon les données de l’industrie minière, la RDC a produit environ 17.000 tonnes d’étain en 2024, principalement grâce à l’exploitation industrielle de la mine de Bisie, l’un des plus importants gisements d’étain au monde. Ce volume représente près de 6 % de la production mondiale, ce qui confère au pays un rôle significatif dans l’équilibre du marché international.
Toutefois, la production congolaise reste exposée à plusieurs défis, notamment l’insécurité dans certaines zones minières, l’exploitation artisanale informelle et les fluctuations du marché international.
Ces facteurs peuvent influencer l’offre mondiale et contribuer, indirectement, aux mouvements de prix observés sur les marchés.
Mitterrand MASAMUNA






















