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Monde : L’UE et l’Inde paraphent un accord commercial hors normes

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Après presque vingt ans de négociations intermittentes, l’Union européenne et l’Inde sont parvenues à un accord de libre-échange présenté comme le plus ambitieux jamais conclu.

L’enjeu est à la hauteur du texte : près de 2 milliards de consommateurs, un quart du PIB mondial et une réduction de 90 % des droits de douane sur les biens échangés entre les deux partenaires.

L’accord sera officiellement dévoilé et signé ce mardi 27 janvier 2026 par le Premier Ministre indien Narendra Modi et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à l’occasion d’un sommet bilatéral soigneusement préparé. Une signature qui marque l’aboutissement d’un processus lancé en 2007, longtemps paralysé par des divergences réglementaires et politiques.

La dynamique s’est brutalement accélérée dans un contexte international tendu, marqué par le retour assumé du protectionnisme américain.

« Cet accord est autant un instrument économique qu’un signal stratégique », confie un diplomate européen.

« Il traduit la volonté commune de sécuriser des débouchés stables dans un environnement commercial devenu instable. », a-t-il affirmé.

En clair, Bruxelles et New Delhi cherchent à reprendre la main sur leur destin commercial.

Pour l’Inde, le message est limpide. Le Gouvernement Modi voit dans cet accord la consécration d’un changement de statut.

« L’Inde ne négocie plus comme une économie émergente, mais comme une puissance centrale du commerce mondial », résume une économiste à Mumbai.

L’exclusion des secteurs agricoles et laitiers, politiquement explosifs, rappelle toutefois que l’ouverture indienne demeure sélective et étroitement encadrée.

Côté européen, l’accord s’inscrit dans une stratégie de diversification assumée.

Sous l’impulsion d’Ursula von der Leyen, l’UE cherche à réduire certaines dépendances critiques, à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement et à renforcer sa présence économique en Asie.

Après le Mercosur, le Mexique ou l’Indonésie, Bruxelles accélère et structure une diplomatie commerciale résolument offensive.

Reste désormais l’épreuve institutionnelle : traduction du texte dans les 27 langues de l’Union, contrôles juridiques et ratifications parlementaires. Une application provisoire est envisagée dès 2027, avant une entrée en vigueur complète à l’horizon 2028.

Au-delà des chiffres, cet accord acte un basculement, assène un expert en gouvernance internationale.

Face à une mondialisation fragmentée, marquée par les rivalités de puissance et la fin des certitudes multilatérales, l’UE et l’Inde font le choix d’un partenariat de stabilité.

Plus qu’un traité commercial, ce texte est un acte politique : il consacre l’émergence de nouveaux centres de gravité et confirme que le commerce mondial ne disparaît pas, il se réorganise, autour d’alliances choisies plutôt que subies.

Flory MUSISWA

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