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Santé

RDC : Roger Kamba inspecte les infrastructures du CHU Renaissance

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Le Ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a effectué, le lundi 13 avril 2026, une visite inopinée au CHU Renaissance de Kinshasa en milieu de journée.

Cette descente de terrain s’inscrit dans le suivi opérationnel des réformes engagées dans le cadre de la Couverture santé universelle, dont la mise en œuvre repose en grande partie sur la capacité réelle des hôpitaux à absorber la demande.

Premier point vérifié, la gratuité de la maternité. Le Ministre a échangé directement avec des patientes présentes dans l’établissement, dans une logique de contrôle par l’usager. Les réponses recueillies convergent, aucune d’entre elles n’a déclaré avoir payé pour les soins liés à l’accouchement ou à la prise en charge du nouveau-né. Toutes indiquent connaître le programme présidentiel.

Sur le plan sanitaire, cette vérification est déterminante. La gratuité effective ne se mesure pas uniquement à la décision politique, mais à son application au lit du patient, sans paiements informels ni facturation parallèle, souvent observés dans les systèmes hospitaliers sous contrainte.

Des services techniques en progression

Au-delà de la maternité, la visite a permis d’évaluer plusieurs services critiques pour un hôpital de référence. Des améliorations ont été observées en dentisterie, en endoscopie et aux urgences, trois segments qui traduisent le niveau de fonctionnement quotidien d’un établissement.

Des observations ont toutefois été formulées sur certains aspects organisationnels et techniques, ce qui renvoie à des enjeux classiques de gestion hospitalière, notamment la coordination des équipes, la maintenance des équipements et la fluidité des parcours patients.

La direction de l’hôpital, conduite par AL Kitenge, a pris l’engagement d’apporter des ajustements.

Dans ce type d’établissement, la réactivité managériale conditionne la qualité des soins.

Un plateau technique en développement

Le CHU Renaissance consolide son positionnement en imagerie médicale, un segment stratégique dans la prise en charge moderne.

L’établissement dispose d’un scanner de dernière génération et de trois unités de radiologie aux fonctions complémentaires, intégrant des technologies digitales et télécommandées.

Ce type d’équipement permet d’améliorer la précision diagnostique, de réduire les délais de prise en charge et de limiter les évacuations vers d’autres structures, souvent coûteuses pour les patients.

Un bâtiment destiné à accueillir une IRM est en cours d’achèvement et devrait être livré dans un délai de deux mois. L’équipement, déjà présent à Kinshasa, sera installé dès la fin des travaux. L’introduction de l’IRM constitue un saut qualitatif, notamment pour les pathologies neurologiques, traumatiques et oncologiques.

Parallèlement, trois bâtiments supplémentaires sont en construction. Le recours à des partenaires privés pour la réalisation et le contrôle des travaux s’inscrit dans une logique de sécurisation des délais et de la qualité des infrastructures, un point souvent critique dans les projets hospitaliers publics.

Une qualité des soins reconnue, mais une contrainte financière persistante

Lors de la visite, des familles de patients ont interpellé le Ministre. Elles reconnaissent la qualité des soins, mais évoquent des difficultés à couvrir certaines dépenses, en particulier pour des interventions spécialisées.

Ce contraste est fréquent dans les systèmes en transition vers la Couverture santé universelle. La gratuité ciblée, ici sur la maternité, coexiste avec des coûts encore élevés pour d’autres services, ce qui crée une pression financière sur les ménages.

Le défi consiste à élargir progressivement le panier de soins pris en charge, tout en assurant la soutenabilité du financement.

Le Ministre Roger Kamba a indiqué que des mécanismes financiers sont en préparation pour améliorer la couverture des patients.

Situation du personnel

Le personnel non encore matriculé a également été reçu. Cette question reste structurante pour le fonctionnement des hôpitaux publics.

L’absence de statut administratif stabilisé peut affecter la motivation, la rétention des compétences et, à terme, la qualité des soins.

Des annonces ont été faites concernant des mesures financières destinées à apporter des réponses durables. Dans un système hospitalier, la réforme des ressources humaines est indissociable de celle du financement.

À l’issue de la visite, le docteur Roger Kamba a salué les avancées observées tout en appelant à poursuivre les efforts. Un nouveau passage est annoncé pour évaluer l’évolution des travaux et des services.

Sur le fond, estime un analyste du secteur, cette visite met en lumière une réalité du système de santé congolais, la réforme avance, mais repose sur un équilibre pas totalement consolidé entre gratuité, capacité hospitalière et financement.

Le CHU Renaissance apparaît comme un site pilote, où se joue concrètement la crédibilité de la Couverture santé universelle.

Flory MUSISWA

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