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RDC : fermeture de Samsung Electronics, les dessous des cartes

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Contraintes juridiques empêchant la filiale à devenir une société de droit congolais au-delà de quatre ans, écoulement de ses produits “contrefaits” sur le marché local et défaillance des services étatiques commis aux frontières. Telles sont les trois principales raisons ayant motivées la fermeture de Samsung en RDC.

Un pan de voile a été levé par l’ambassadeur de la Corée du Sud en RDC. Ki-Chang Kwon, vendredi 18 août 2018, lors d’un déjeuner avec quelques professionnels des médias de Kinshasa.

A l’interne, trois raisons majeures

« La firme Samsung n’a pas trouvé son compte en RDC et a donc décidé de fermer ses portes et de s’en aller », avait-il lâché.

En plus du fait que Samsung ne pouvait rester, au-delà de quatre ans, une simple branche sans devenir une société de droit congolais, le géant sud-coréen fait face à une forte contrefaçon qui effrite son chiffre d’affaires.

« La vente des produits Samsung ici n’a pas rencontré les critères qu’ils établissent dans le monde entier pour maintenir leur compagnie ouverte ici [en RDC]. J’ai aussi appris des représentants de Samsung ici qu’il y a beaucoup de produits Samsung contrefaits ici », a regretté le diplomate.

Consécutivement à cette deuxième raison majeure, la défaillance des services de l’État commis aux frontières se révèle au grand jour. Partant de faits réels dénoncés par Samsung Electronics, faudrait-il constater que le marché congolais est rempli des produits contrefaits?

La Direction générale des douanes et accises (DGDA), sensée stopper l’entrée des produits contrefaits, et l’Office congolais de contrôle (OCC) habilité à certifier le contrôle qualité, sont mieux placés pour pouvoir éclairer l’opinion congolais à ce sujet.

Entre-temps, le constat est tel que ces produits inondent le marché local et ils sont très prisés au regard de leur bas coût. A ce sujet, des analystes avertis sont d’avis que la prolifération des marques contrefaites qui entreraient en RDC sans contrôle nuit aux parts de marché et réduit la qualité des produits consommés.

Cette fermeture de Samsung Electronics en RDC devrait interpeller le gouvernement à renforcer ses mécanismes de lutte contre l’entrée des produits contrefaits et importés des pays étrangers. Aussi devrait-il ouvrir le bon œil pour veiller au respect des normes desdits produits. Une manière pour l’Etat de protéger les marques de la contrefaçon.

A l’international, trois faits

La condamnation de Samsung Electronics dans le contentieux judiciaire contre Apple pour contrefaçon l’a contraint à payer de dommages et intérêts de 120 millions de dollars US. A cela s’ajoute une affaire de corruption, trafic d’influence, parjure qui a conduit le Vice-président du géant sud-coréen en prison. Ce scandale aura été à la base de la destitution de la présidente sud-coréenne, Park Geun-hye.

Le fiasco du Galaxy Note 7 aura également été un vrai coup dur pour le sud-coréen. Plus de 9 milliards de dollars des pertes enregistrés.

A tout prendre, il y a lieu d’indiquer que l’impact économique de ces chocs a été relativisé au regard de la bonne santé de Samsung Electronics et de la taille du conglomérat global composé d’environ 80 filiales.

A l’instar de Huawei qui a fermé en 2017 en assurant une gestion de loin au travers les distributeurs de ses produits, Samsung Electronics vient d’emboîter les pas. Ce qui n’est pas bon signe pour le climat des affaires en RDC.

Emilie MBOYO | Zoom Eco

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