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Patrick Onoya : « la RDC n’a pas à réinventer la roue pour promouvoir les PME »

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Dans l’objectif de définir une politique efficace pour la promotion des PME et PMI, le lobbyiste-stratégiste, Patrick T. Onoya estime que la Rd Congo n’a pas à réinventer la roue.  Mais juste à l’adapter selon ses réalités. S’inspirant du modèle américain de l’Agence gouvernementale chargée du développement des PME et PMI appelée « Small Business Administration », ce jeune congolais préconise le Capacity Building [Ndlr. Renforcement des capacités] des entrepreneurs comme la principale stratégie du gouvernement avant la facilitation à l’accès aux financements.

Dans sa tribune, ci-dessous, Patrick T. Onoya identifie les maux qui rongent l’éclosion de entrepreneuriat congolais, évoque le modèle américain pouvant inspirer la RDC et formule trois principales recommandations. Objectif : permettre à l’Etat congolais de disposer d’une politique de développement des PME et PMI adaptée aux réalités du pays et efficace en termes de résultats.


LES PREALABLES A LA MISE EN PLACE D’UNE POLITIQUE EFFICACE DE DEVELOPPEMENT DU SECTEUR DES PME ET PMI EN RDC

Le Gouvernement actuel de la République Démocratique du Congo (RDC) a placé le développement du social du congolais comme un de ces objectifs principaux. Et, en cette année électorale, au regard de la précarité généralisée qui se vit actuellement en RDC, il est clair que la question du développement du social du congolais sera une des questions de base de campagne électorale du mois de décembre prochain.

Dans cette tribune, nous allons réfléchir sur la question de savoir :

« Quels sont les préalables à la mise en place d’une politique efficace de développement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et des Petites et Moyennes Industries(PMI) en RDC ? »

En effet, développer le social du congolais est une problématique vaste qui peut être analysé selon plusieurs aspects (accès à l’eau potable, accès à l’électricité, accès aux soins de santé, la réduction du chômage, etc.)

Pour notre part, nous allons nous focaliser sur le développement du social du congolais à travers « la mise en place d’une politique de développement des PME, des PMI ainsi que les Très Petites Entreprises (TPE) » dont la création des emplois et des richesses en sont des résultantes.

A ce sujet, nous pouvons constater quelques actions isolées de développement des PME et PMI engagées par le Gouvernement actuel de la RDC. Cependant, il est utile de se questionner sur l’efficacité et la pérennité des actions posées.

Une politique de développement des PME et PMI efficace est celle, qui, dans sa conception tient compte de la gangrène qui ronge ce secteur d’activité ; parmi lesquels on peut citer :

Du côté des entrepreneurs congolais :

– L’insolvabilité caractérisée de l’entrepreneur congolais auprès des institutions de financement ;

– Les difficultés organisationnelles remarquées dans la gestion de plusieurs PME, PMI et TPE congolaises.

Du côté des institutions du Gouvernement de la RDC

– Prédominance de la subjectivité et du clientélisme dans l’octroi des facilités de caisse par les établissements publics de financement ;

– Système fiscal asphyxiant qui n’incite pas les entrepreneurs du secteur informel à formaliser leurs activités et ceux déjà formalisées à se développer.

Pour ne citer que ceux-là …

Voici un postulat :

« Il est faux de considérer que : résoudre, a priori, la question de l’accès au financement est la solution adéquate pour développer le secteur de l’entreprenariat en RDC ».

En effet, l’argent est utile pour développer les affaires mais cet argent entre les mains d’une personne non préparée, non formée et non accompagnée risque de ne pas produire les résultats escomptés.

Ce postulat est déjà vérifié à travers le monde. Comme nous allons le démontrer ci-dessous :

Ainsi, la RDC n’a pas à réinventer la roue mais juste à l’adapter selon ses réalités.

Les économistes placent l’homme au centre de l’action économique. Et les actions posées par cet homme ou cette femme, appelé « acteur économique », dépendent beaucoup plus de sa « culture » et des « croyances » admises dans son environnement immédiat.

La culture et les croyances d’un peuple constituent ce qu’on appelle son « paradigme » ou encore « son système de pensée ». Tel que nous dit Stephen Covey, écrivain et philosophe américain, dans son livre « The Seven Habit of Highly Effective People ».

La liste non-exhaustive des gangrènes qui ronge le développement de l’entreprenariat en RDC présentée ci-haut est tributaire du système de pensée ou du paradigme du congolais.

Afin d’expliciter notre pensée, nous allons citer, ci-dessous, quelques slogans qui expriment simplement la croyance populaire congolaise :

– « Chance eloko pamba »

– « Mboka oyo eko bonga te »

– « le métier de politicien est celui qui paye le mieux » ; etc.

En effet, c’est cet ensemble de croyances qui constitue « la culture du congolais », en général, et du kinois en particulier ; qu’il soit homme politique, homme d’affaires, Pasteur d’église ou simple citoyen.

A notre humble avis, « c’est le changement du système de pensée, appelé (Paradigm Shift), qui doit constituer le principal cheval de bataille de la politique à mettre en place en la matière de développement de l’entreprenariat en RDC et non l’accès au financement ».

Même observation effectuée par Adam Smith, le célèbre économiste politique, dans son livre « La Richesse des Nations ». Ce dernier affirme que l’homme est au centre de la création des richesses.

C’est pourquoi nous disons :

« La culture et les croyances d’un peuple sont au centre de son développement. Ce sont toujours ses dernières qui sont à la base des différences de performance économiques des nations du monde. »

Par ailleurs, nous tenons à souligner aussi l’apport de l’économie informel, constituée essentiellement par les TPE, dans la construction de l’économie nationale de la RDC. A ce sujet, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) est résolue sur l’apport de cette économie non structurée mais réel en Afrique Sub-saharien.

A cet effet, la transition de l’économie informel vers celle formelle est une nécessite. A savoir qu’en RDC, plus de 60% de l’activité économique est dominée par le secteur Agricole dont les femmes constituent le genre prédominant surtout en milieu rural.

En considérant que les questions de développement de l’entreprenariat pour la création des richesses et des emplois ainsi que celle d’une classe moyenne ont déjà été traitée dans plusieurs pays du monde, nous allons présenter ci-bas, quelques aspects principaux de la politique de développement de l’entreprenariat tel qu’appliquée par le Gouvernement américain.

Aux Etats-Unis d’Amérique (USA), il existe une agence gouvernementale chargée du développement des PME et PMI appelée la « Small Business Admistration » en sigle SBA dont sa mission est à trois niveaux :

– Capacity Building (Renforcement des capacités)

– Capital (Fournir les garanties bancaires nécessaires aux PME, PMI et TPE pour l’octroi de crédit)

– Contracting (Encourager l’accès des PMI, PMI et TPE aux marches publiques)

Dans nos multiples discussions avec Monsieur Hubert Austin, le Directeur de la SBA du Texas, il a toujours soutenu et rappelé que parmi les trois missions de la SBA américaine, c’est le Capacity Building qui constitue l’essentiel de leur activité et non la facilitation a l’accès aux financements.

Former, Accompagner et Assister l’entrepreneur dans la création et sa croissance est l’activité à laquelle le Gouvernement Américain à travers la SBA déploie le plus d’Energie. Quoique la SBA intervienne largement dans l’octroi de financement nécessaire au développement des PME et PMI.

Pour information, en 2017, la SBA a octroyé plus de 30 milliards de dollars en termes de garantie bancaire aux PME, PMI et TPE des USA.

Sans entrer dans les détails de l’organisation savante mis en place par le Gouvernement américain à travers la SBA, nous comprenons simplement, à travers cet exemple, que le « renforcement des capacités de l’entrepreneur » doit être au centre de toute politique de développement des PME et PMI dans un pays.

Les USA ont tellement très bien compris cela qu’ils focalisent que le maximum de leur Energie dans la mise en place et l’entretien d’un système de formation, de renforcement de capacité et d’accompagnement de l’entrepreneur américain. Tout en ne négligeant pas l’importance de l’argent dans les affaires.

Aux USA, en plus de la SBA, il existe d’autres agences gouvernementales qui viennent appuyer la machine de développement des affaires existantes. Nous aurons certainement l’opportunité d’en parler dans les prochaines tribunes.

Pour clôturer cette première tribune, nous disons ceci :

– Primo : La mise en place d’une politique efficace de développement de l’entreprenariat en RDC passera avant tout par la prise en compte des causes premières dans les solutions proposées et surtout, il conviendra de placer l’encadrement de l’entrepreneur congolais au centre du débat ;

– Secundo : La politique adéquate à mettre en place pour développer le secteur de l’entreprenariat en RDC ne doit pas être analysé au niveau d’un ministère donné mais plutôt au niveau du Gouvernement. Note : Une commission interministérielle peut être créée à cet effet afin de coordonner efficacement le projet.

– Tertio : Enfin, nous recommandons vivement au Gouvernement de la RDC de s’inspirer largement des pays tel que les USA ou l’économie nationale est soutenu a plus de 80% par les PME et PMI dans le cadre d’une démarche de mise en place une politique efficace de développement du secteur de l’entreprenariat.

Patrick T. ONOYA

Responsable du Cabinet Le Patron – Dallas/Texas

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