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RDC : André Wameso décrypte les équilibres retrouvés de l’exercice 2025

L’année 2025 aura marqué un tournant discret mais structurant pour la politique monétaire en République Démocratique du Congo (RDC).
Au cours de la conférence de presse convoquée, le jeudi 8 janvier 2026 à Kinshasa, le Comité de politique monétaire de la Banque Centrale du Congo (BCC), conduit par son Gouverneur André Wameso, a livré une lecture d’ensemble d’une économie en phase de stabilisation.

Premier signal fort : l’inflation, longtemps talon d’Achille de l’économie congolaise, a connu une décélération spectaculaire. À fin décembre 2025, elle s’est établie à 2,27 %, contre 11,69 % un an plus tôt, bien en dessous de la cible de 7 %. Une performance attribuée à un cocktail de facteurs : appréciation du franc congolais, baisse des prix pétroliers, repli des céréales importées et pilotage monétaire restrictif durant la majeure partie de l’année.

Cette maîtrise des prix s’est accompagnée d’un raffermissement notable de la monnaie nationale.
En un an, le franc congolais s’est apprécié de plus de 30 % sur le marché interbancaire et de 24 % sur le marché parallèle, s’échangeant respectivement à 2.181 CDF et 2.309 CDF pour un dollar. Une évolution soutenue par une meilleure gestion de la liquidité bancaire et une demande accrue de monnaie nationale.
Sur le plan réel, la croissance est demeurée solide à 5,6 %, portée par l’administration publique, la résilience industrielle et le dynamisme des activités hors secteur extractif, malgré un léger ralentissement par rapport à 2024.
Autre matelas de sécurité : les réserves internationales, qui atteignent 7,9 milliards de dollars, couvrant trois mois d’importations, un niveau jugé confortable par les standards régionaux.
Forte de ces acquis, la Banque Centrale du Congo a engagé un assouplissement mesuré de sa politique monétaire. Le taux directeur est abaissé de 17,5 % à 15 %, tandis que les coefficients de réserves obligatoires restent inchangés, signe d’une volonté de soutenir l’activité sans compromettre la stabilité.
Pour plusieurs économistes, cette trajectoire traduit une maturité accrue du cadre monétaire congolais.
« La BCC montre qu’elle peut desserrer l’étau sans perdre le contrôle », souligne un analyste financier à Kinshasa, saluant une stratégie graduelle, crédible et désormais lisible pour les marchés.
Flory MUSISWA






















