a la une
RDC : ODEP et ASADHO initient une campagne contre l’impunité dans l’affaire « Contrat chinois »

L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) et l’Association Africaine de défense des Droits de l’homme (ASADHO) dénoncent le silence de la justice congolaise face à tous les abus qui ont été commis dans la gestion du fameux contrat chinois de 2008 à 2023.
Au cours d’une conférence de presse organisée, ce mardi 20 février 2024, en la salle Magroves du bâtiment administratif Paul Panda Farnana à Kinshasa, les deux structures ont exprimé leur ras-le-bol du fait qu’aucun effet n’a été donné aux recommandations de l’Inspection Générale des Finances (IGF) contenues dans son rapport sur la Convention de collaboration d’avril 2008 signée entre la République Démocratique du Congo et le Groupement d’entreprises chinoises.
Dans leur démarche, l’ASADHO et l’ODEP comptent traduire en justice toutes les personnes impliquées dans le scandale du contrat chinois, quel que soit l’échelon de leurs responsabilités.
« Nous designerons du doigt le criminel là où il est », a prévenu Florimond Muteba Tshitenge, Président du Conseil d’administration de l’ODEP.
Tout en saluant les conclusions de la renégociation du contrat chinois ayant permis un rééquilibrage d’avantages entre la République Démocratique du Congo et le Groupement d’entreprises chinoises, les deux structures de la société civile fustigent ce qu’elles considèrent comme une forme d’impunité concernant les sujets congolais auteurs des abus dans la gestion de cette Convention « mines contre infrastructures ».
« Nos organisations estiment qu’un autre contentieux concerne tous ceux qui ont participé à la gestion du contrat chinois, entre 2008 et 2023, et qui ont commis plusieurs abus qui mériteraient que des poursuites judiciaires soient ouvertes contre eux. Ces fautes-là ne doivent pas restées impunies. », soutiennent l’ASADHO et l’ODEP.
Pour Maître Jean Claude Katende, président de l’ASADHO, « il est de la responsabilité du peuple de se lever et de se dire : plus d’impunité dans ce pays ».
« Les congolais devraient être reconnaissants vis-à-vis de la Chine qui a accepté ce deal dans un contexte difficile. Bien que l’accord renégocié soit une avancée, nous devons combattre tous les criminels. », a-t-il déclaré.
Suivant le rapport de l’IGF sur lequel l’ODEP et l’ASADHO fondent leur action, plusieurs cas de surfacturation, de paiements irréguliers et injustifiés ont été mis en lumière.
L’ODEP et l’ASADHO appellent ainsi le Procureur Général près la Cour de Cassation à mettre fin au silence de la justice sur ce dossier, « en poursuivant toutes ces personnes qui se sont enrichies au détriment de l’Etat ».
Patrick BOMBOKA





















