Economie
Monde : L’offre du cuivre fragilisée en 2025 par les secousses en RDC et en Indonésie

Après deux années d’excédent, le marché du cuivre bascule vers la pénurie.
Entre incidents miniers et catastrophes naturelles, les grands sites de production en Indonésie, au Chili et en République Démocratique du Congo (RDC) peinent à maintenir leurs objectifs.
Les prévisions des analystes s’assombrissent. Le marché mondial du cuivre pourrait entrer en zone rouge dès 2025.
Selon Goldman Sachs, l’offre devrait accuser un déficit de 55.500 tonnes, alors qu’un excédent de 105.000 tonnes était encore anticipé quelques mois plus tôt.
La banque américaine justifie cette révision par la multiplication d’incidents majeurs dans plusieurs pays producteurs.
La première alerte est venue d’Indonésie, où Freeport-McMoran a déclaré un cas de force majeure après un glissement de terrain survenu à Grasberg, deuxième plus grande mine de cuivre au monde.
En 2024, ce site avait produit plus de 816.000 tonnes. Les opérations restent suspendues en attendant un redémarrage partiel prévu pour le quatrième trimestre.
Au Chili, un séisme a frappé en août la mine El Teniente exploitée par Codelco, causant la mort de six employés et forçant l’entreprise à revoir à la baisse ses prévisions : 316.000 tonnes en 2025, soit 33.000 tonnes de moins qu’espéré.
Même constat en RDC, où Kamoa-Kakula – la plus grande mine d’Afrique et la quatrième mondiale – a vu ses ambitions rognées.
Ivanhoe Mines, son exploitant canadien, a réduit sa cible annuelle à 420.000 tonnes après une activité sismique en mai, contre 580.000 tonnes initialement prévues.
Ces difficultés interviennent alors que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) alerte sur un possible déficit structurel de 40 % d’ici 2035, sous l’effet conjugué d’une offre limitée et d’une demande en forte hausse liée à la transition énergétique.
Si le marché du cuivre a connu des excédents en 2023 et 2024, la tendance pourrait donc s’inverser dès cette année.
En réaction, les prix du métal rouge grimpent déjà : jeudi 25 septembre, les contrats à terme ont atteint 4,75 USD la livre (environ 10 400 USD la tonne), leur plus haut niveau depuis deux mois, stimulés par l’annonce de Freeport-McMoran.
Historiquement, chaque période de déficit a dopé les cours, comme en mai 2021, lorsque le cuivre avait franchi la barre des 11.700 USD la tonne.
Les prochains mois diront si 2025 marquera le retour durable d’un marché tendu, avec un métal plus que jamais stratégique pour l’économie mondiale.
Olivier KAFORO
























