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RDC : la situation financière des congolais impactée négativement par la Covid-19 (Enquête Target juillet 2020)

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RDC : la situation financière de Congolais impactée négativement par la Covid-19 (Enquête Target Juillet 2020) !

La situation financière des congolais a été négativement affectée depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19. Conséquence, il s’observe une réduction des revenus contre une augmentation des charges. Target SARL vient de publier les résultats d’une enquête menée au mois de juillet 2020 sur cette problématique.

Depuis le mois d’avril 2020, ce cabinet d’étude suit de près l’évolution de la perception de la Covid-19 par les congolais. A chaque publication, une nouvelle thématique est exploitée afin de fournir aux décideurs et au public des statistiques fiables et indépendantes pour mieux orienter les actions de riposte.

La vague d’enquête de juillet 2020 est consacrée principalement aux dépenses des congolais avec une combinaison des méthodologies quantitatives et qualitatives.

Les résultats de cette enquête démontrent clairement que les congolais ont changé leur comportement vis-à-vis de la gestion d’argent depuis cette pandémie. Ainsi, tenir le même train de vie avant la pandémie et subvenir à toutes les charges familiales devient un vrai challenge. Les congolais sont obligés de se focaliser sur les dépenses utiles et nécessaires.

RDC : la situation financière de Congolais impactée négativement par la Covid-19 (Enquête Target Juillet 2020) !

En termes de pourcentage, voici comment se présentent les grandes rubriques des dépenses des congolais :

L’alimentation (91%) et les frais de communication (69%) figurent dans la grande majorité des rubriques des dépenses des congolais interrogées tandis que les dépenses de divertissement ne se retrouvent que chez 4% des répondants.

Cette tendance se confirme aussi au niveau des dépenses prioritaires avec l’alimentation qui vient largement en première position avec 43% devant la communication c’est-à-dire recharge unités et internet (19%) et la santé (13%). Les divertissements par contre seraient le cadet des soucis (1%).

Les changements constatés dans les habitudes quotidiennes depuis la Covid-19 :

RDC : la situation financière de Congolais impactée négativement par la Covid-19 (Enquête Target Juillet 2020) !

L’alimentation (83%) : les dépenses alimentaires ont augmenté pour 83% des répondants à cause principalement de la hausse de l’effectif présent à la maison en raison des mesures de riposte contre la Covid-19 (confinement de la Gombe, télétravail, fermeture des écoles et universités, chômages et congés techniques).

Selon certains enquêtés, la sédentarité influe sur la consommation. « Avant la pandémie, chacun sortait le matin et certaines personnes à la maison mangeaient seulement le soir mais, maintenant nous sommes tous à la maison, ça fait que la quantité de nourriture à consommer a augmenté et on doit plus dépenser », argumente une femme interrogée.

La recharge d’unités pour la communication (79%) : les dépenses liées à la communication (achat unités pour la communication et connexion internet) ont connu une croissance pour 79% des personnes interviewées.

A la base, le souci de rester en contact avec le monde extérieur, s’informer sur l’évolution de la pandémie, le télétravail ainsi que les cours et/ou les devoirs en ligne pour les élèves.

Le transport (65%) : les mesures de distanciations édictées pour limiter la propagation aurait occasionné une augmentation des dépenses liées au transport en commun chez 65% des Congolais interrogés. Les prix de certaines courses avaient pratiquement doublé dans la ville de Kinshasa.

« Lorsqu’on quittait Kintambo Magasin pour la Gare centrale on payait 500 CDF et maintenant on paie 1000 CDF pour le même tronçon. Il arrive même des cas ou les taximen pratiquent des demi-terrains entre certains tronçons comme par exemple Gombe – Bandalungwa, les taximen s’arrêtant tous sur l’avenue Huileries ».

La santé (58%) : à l’annonce de la présence de la covid-19 en RD Congo, les populations avaient paniqué. La perception selon laquelle aller à l’hôpital accroîtrait le risque de se faire contaminer s’est largement accrue. Éviter d’aller à l’hôpital pour les maux plus ou moins mineurs s’est développé, avec comme conséquences l’adoption des pratiques ayant une incidence directe sur le budget alloué à la santé.

Les traitements traditionnels : consommer des alternatifs à caractère préventifs est une pratique qui s’est accrue. Les familles ont déboursé de l’argent pour des plantes ou épices médicinales telles que la citronnelle, le gingembre, le Vernonia Amygdalina localement appelé Congo Bololo, le Bulukutu, etc.

L’automédication : une prescription médicale personnelle pour atténuer les symptômes et calmer la douleur ; les prescriptions des pharmaciens sont également prises en compte.

La panique : certaines personnes, aux moindres symptômes (maux de tête, mal à la gorge, fièvre…) se précipitaient à la pharmacie pour acheter des médicaments.

Les boissons (51%) : ont connu une augmentation par rapport à la période avant Covid-19. La consommation des boissons aurait augmenté pour certaines personnes (51%) soit à cause de l’envie de se faire plaisir et gérer le stress du confinement, soit encore en raison des visites des proches, bien qu’étant des occasions rares, sont devenus des moments de plaisir pour savourer ensemble une boisson alcoolique ou non selon les goûts de chacun.

Par ailleurs, cette enquête a révélé quatre aspects, à savoir :

  • L’augmentation du prix des denrées alimentaires : la dépréciation du franc congolais a affecté les coûts d’importation des produits. Les importateurs répercutent les coûts supplémentaires sur les prix de vente.
  • L’augmentation du nombre de personnes prises en charge : le confinement a affecté les petits commerçants informels ; ces derniers s’appuient sur ceux travaillant pour joindre les deux bouts du mois.
  • La baisse des revenus : ceci entraîne des restrictions budgétaires en termes d’achats.
  • L’inadéquation du taux de change pour les salariés en monnaie locale : leur revenu en monnaie locale est resté statique tandis que les prix des denrées ont augmenté.

Pour rappel, cette enquête s’est basée sur deux focus-groupes réalisés du 24 au 25 juillet 2020 sur une plateforme digitale (Zoom) et composés respectivement de 10 Hommes et 10 femmes tous âgés de 25 à 40 ans afin d’approfondir les résultats de l’enquête quantitative et comprendre le vécu quotidien des Congolais.

Aussi, un échantillon représentatif de 1 000 congolais de 18 à 65 ans issus de six provinces (Kinshasa, Kongo-Central, Kasaï-Oriental, Haut-Katanga, Nord-Kivu et Sud-Kivu) interrogés par téléphone du 06 au 12 juillet 2020 selon la méthode des quotas.

Comme recommandations, Target SARL invite le Gouvernement à lutter contre l’inflation et fournir une aide d’urgence aux populations les plus vulnérables avec notamment des cantines populaires et des distributions de produits alimentaires.

Le secteur privé, est appelé à apporter sa contribution pour soulager la population. Les marques (Télécommunications, brassicoles, cosmétiques, banques, etc.) qui aimeraient gagner en fidélité auprès de la grande masse gagneraient à lancer les promotions dans lesquelles les denrées alimentaires de première nécessité seront des lots (semoule de maïs, sucre, huile végétale, poisson salé, lait, etc.).

Pour obtenir l’intégralité de l’étude avec les résultats complets par tranche d’âge, sexe, occupation et provinces, écrire à info@target-sarl.cd ou appeler +243820001403 / +243970134454.

Nadine FULA

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