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Finance

Doudou Fwamba sur l’eurobond en RDC : « Nous voulons être un émetteur souverain régulier »

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À Washington, en marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, la République démocratique du Congo clarifie sa stratégie après sa première émission d’euro-obligations de 1,25 milliard de dollars.

Au cœur du message porté par le Ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde, une ligne constante.

« Nous visons un équilibre entre la croissance minière et la croissance hors secteur minier », affirme-t-il dans un entretien accordé à Bloomberg.

Le produit de l’emprunt doit financer des investissements dans l’hydroélectricité et les infrastructures de transport, avec l’objectif d’élargir la base économique.

« Les minéraux critiques sont des atouts stratégiques, mais la résilience repose sur ce que nous construisons autour », insiste le Ministre.

Cette orientation intervient alors que le pays sort d’un cycle de stabilisation macroéconomique, marqué par une coopération étroite avec le FMI et l’achèvement d’un programme en 2024.

La confiance des investisseurs semble se consolider. L’émission a été sursouscrite près de quatre fois, un signal jugé déterminant par les autorités.

« Les investisseurs regardent la trajectoire du pays sur les dix prochaines années », souligne Doudou Fwamba Likunde.

Dans cette configuration, le niveau d’endettement reste un élément clé de lecture.

Avec un ratio autour de 20 % du PIB, la RDC se situe en dessous de nombreux pays africains dont les niveaux dépassent 60 %. Cet écart maintient une capacité d’emprunt, mais renforce l’exigence sur la qualité des projets financés.

En outre, l’économie congolaise demeure concentrée. Le cuivre et le cobalt représentent plus de 90 % des exportations et près d’un quart du PIB. Les investissements directs étrangers, en hausse de 60 % depuis 2019, restent majoritairement orientés vers le secteur extractif.

La stratégie consiste à corriger cette dépendance par des investissements structurants.

À Kinshasa, peu avant son déplacement vers Washington, le Ministre a détaillé sept projets qui permettent de lire concrètement cette orientation.

Dans le transport, la modernisation de l’aéroport international de N’djili, la réhabilitation de la RN4 entre Kisangani et Beni et le développement de voiries urbaines à Kinshasa visent à fluidifier les échanges.
Dans l’énergie, une ligne de transmission entre la Zambie et la ceinture cuprifère ainsi que la centrale de Katende ciblent directement la contrainte électrique. Cinq centres de formation complètent cet ensemble pour agir sur le capital humain.

L’analyse économique de ce portefeuille met en évidence des temporalités différentes. L’énergie peut générer des flux financiers relativement rapides, notamment dans les zones minières où la demande est solvable. Les infrastructures de transport réduisent les coûts et améliorent la compétitivité sur un horizon plus long. La formation agit en profondeur sur la productivité.

Le facteur d’exécution devient déterminant. Un projet livré en retard ou mal structuré réduit son rendement. À l’inverse, une mise en œuvre rapide peut enclencher un cycle d’activité avant même l’achèvement des travaux, avec des effets sur l’emploi et les recettes fiscales.

Les réformes budgétaires accompagnent cette dynamique. La facturation électronique de la TVA devrait générer plus de 200 millions de dollars de recettes supplémentaires. La réduction des subventions aux carburants, passées de près de 500 millions à moins de 70 millions de dollars, libère des marges pour l’investissement.

« Nous voulons être un émetteur souverain régulier », précise Doudou Fwamba Likunde, en indiquant qu’il n’y a « aucune urgence » à retourner sur les marchés.

La trajectoire dépend désormais de la capacité à transformer ces ressources en croissance effective. En arrière-plan, l’appréciation relative de la monnaie (CDF) soutient le PIB en dollars et renforce le positionnement du pays parmi les principales économies d’Afrique subsaharienne, dans un contexte où l’Éthiopie est affectée par une dépréciation plus marquée, voyant ainsi la République démocratique du Congo occuper sa place en 2026, avec un PIB attendu à 123 milliards USD, contre 122 milliards USD pour le pays de Haïlé Sélassié, renseignen les projections du Fonds Monétaire International (FMI).

Flory MUSISWA

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