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RDC : Matata Ponyo condamné à 10 ans de travaux forcés pour détournement de 156 millions USD

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La Cour constitutionnelle de la République Démocratique du Congo a condamné, ce mardi 20 mai 2025, l’ancien Premier Ministre Augustin Matata Ponyo à 10 ans de travaux forcés pour détournement de 156 millions de dollars américains.

Selon la décision de la haute juridiction, l’ancien Chef du Gouvernement est reconnu coupable d’avoir orchestré, durant son mandat, une gestion frauduleuse des fonds publics alloués à ce projet phare lancé entre 2014 et 2016 sous la présidence de Joseph Kabila.

Sur un total de 279 millions USD débloqués par l’État, seuls 34 millions auraient été effectivement utilisés pour les travaux du projet.

Outre la peine principale, la Cour a prononcé une série de sanctions additionnelles contre Matata Ponyo notamment la confiscation de ses biens à hauteur de la somme détournée, l’interdiction d’exercer ses droits civiques de voter ou se présenter à une élection durant les cinq années suivant l’exécution de sa peine et l’exclusion de toute possibilité de libération conditionnelle ou de réhabilitation.

L’ancien Premier Ministre, qui bénéficiait encore de la protection d’une garde officielle, sera dégarni de celle-ci et placé immédiatement en état d’arrestation, conformément à la décision judiciaire.

Deux autres personnalités de haut rang impliquées dans le même dossier ont également été condamnées :
Deogratias Mutombo, ancien Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), accusé d’avoir facilité les décaissements irréguliers et Kristo Stéphanus Grobler, homme d’affaires sud-africain et partenaire technique dans le projet Bukanga-Lonzo.

Les détails précis de leurs peines respectives n’ont pas encore été rendus publics, mais ils sont également reconnus coupables d’avoir pris part aux irrégularités financières ayant conduit à l’échec du projet.

Le projet Bukanga-Lonzo, situé dans la province du Kwango, visait à doter la RDC d’une agriculture industrielle moderne.

Lancé avec faste et présenté comme une solution pour réduire la dépendance alimentaire du pays, le parc agro-industriel s’est rapidement enlisé dans des malversations, suscitant la colère de l’opinion publique et des partenaires au développement.

Cette condamnation marque un tournant dans la lutte contre l’impunité en RDC. Elle intervient dans un contexte où les institutions judiciaires sont de plus en plus sollicitées pour traiter des affaires de grande corruption impliquant des personnalités politiques de premier plan.

Mitterrand MASAMUNA

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