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Afrique

Afrique: L’ONU en quête de 400 millions USD face à l’aggravation des crises mondiales

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Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a lancé le jeudi 5 février 2026 à Genève un appel urgent à la mobilisation de 400 millions de dollars américains afin de faire face à la hausse rapide des besoins en matière de protection des droits humains dans plusieurs pays en crise, notamment le Soudan, le Myanmar et la République Démocratique du Congo (RDC).

Ce montant est inférieur de 100 millions USD à l’appel formulé l’an dernier, une baisse directement liée au recul significatif des contributions de plusieurs bailleurs de fonds majeurs, dont les États-Unis et certains pays européens. Une situation que Volker Türk qualifie de préoccupante pour l’avenir du système international de protection des droits humains.

« Nous sommes actuellement en mode survie et nous travaillons sous forte contrainte. Nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir un système de protection des droits humains en crise. », a-t-il déclaré devant les délégués.

La diminution des financements a déjà des conséquences concrètes sur le terrain.

En 2025, le nombre de missions de surveillance des violations des droits humains a chuté de plus de 50 % par rapport à 2024, tandis que la présence du Haut-Commissariat a été réduite dans 17 pays.

En 2024, l’institution a enregistré un déficit de 90 millions USD, entraînant la suppression de 300 postes, ce qui a directement affecté ses activités opérationnelles.
Les programmes au Myanmar ont ainsi été amputés de plus de 60 %, limitant fortement la collecte de preuves.

En RDC, l’enquête des Nations Unies sur de possibles crimes de guerre peine à devenir pleinement opérationnelle faute de moyens suffisants.

Cet appel intervient alors que la crise humanitaire au Soudan atteint un niveau critique. Selon la dernière évaluation de l’Integrated Food Security Phase Classification (IPC), les localités d’Um Baru et de Kernoi, dans le Darfour du Nord, sont désormais classées en situation de famine. Plus de 21 millions de personnes sont actuellement confrontées à une insécurité alimentaire aiguë dans le pays. Dans plusieurs zones du Darfour et du Kordofan, les taux de malnutrition aiguë globale dépassent 30 %, un seuil caractéristique de conditions assimilables à la famine, touchant particulièrement les enfants et les femmes enceintes.

Le conflit prolongé a détruit les moyens de subsistance, désorganisé les systèmes alimentaires locaux et provoqué une flambée des prix.

L’effondrement des services essentiels  santé, eau et assainissement accentue encore la vulnérabilité des populations, notamment dans les zones assiégées ou à accès humanitaire restreint.

Richard Data, directeur pays du Comité international de secours (IRC) au Soudan, alerte sur l’urgence de la situation : « Derrière ces chiffres se trouvent des mères, des pères et des enfants dont la vie ne tient qu’à un fil. Sans une aide humanitaire immédiate et renforcée, nous risquons de voir davantage de communautés basculer dans la famine. La communauté internationale doit agir maintenant avec des financements et un accès humanitaire sans entrave. »

À travers cet appel de 400 millions USD, le Haut-Commissariat cherche à éviter un affaiblissement durable du système international de protection des droits humains, à un moment où les crises se multiplient en Afrique et dans d’autres régions du monde.

Sans un réengagement rapide des bailleurs de fonds, les capacités d’enquête, de prévention et d’assistance continueront de se réduire, alors même que la situation au Soudan illustre de manière dramatique le lien étroit entre conflit prolongé, violations des droits humains et famine.

AGNES KAYEMBE

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