Afrique
Afrique : La RDC en tête des exportateurs africains vers les États-Unis en 2025

La République Démocratique du Congo (RDC) se positionne comme le premier exportateur africain vers les États-Unis entre avril et juillet 2025, par rapport à la même période de l’année précédente.
L’Éthiopie n’est pas en reste, avec une progression de 95 %, tandis que le Kenya affiche une croissance de 22 %. C’est ce qu’indique un rapport de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) publié le 29 septembre.
D’après le rapport, ces performances s’inscrivent dans un contexte où de nombreux pays asiatiques, jusqu’alors dominants sur le marché américain, sont désormais frappés par des droits de douane pouvant aller jusqu’à 30 %, dans le cadre du programme « Liberation Day » lancé par l’administration Trump au printemps 2025.
En comparaison, les produits en provenance d’Afrique de l’Est sont soumis à des droits de douane plus modérés de 11 % pour la RDC, 10 % pour l’Éthiopie et le Kenya.
A en croire la CEA, cette montée en puissance est alimentée par un effet de détournement commercial.
La réorientation des importations américaines, combinée à une demande accrue en matières premières (minerais, métaux stratégiques, produits agricoles), a contribué à redynamiser les exportations africaines, notamment en provenance de la région des Grands Lacs et de la Corne de l’Afrique.
« La performance des exportations de la région a été soutenue par la hausse des prix mondiaux des principales matières premières. Les minéraux représentent désormais 53 % des exportations de l’Afrique de l’Est, un chiffre révélateur de la spécialisation croissante de la région dans les secteurs extractifs. », souligne le rapport de la CEA.
Malgré ces résultats prometteurs, la CEA alerte sur les vulnérabilités structurelles persistantes dans la région.
La forte dépendance aux matières premières, souvent soumises à la volatilité des prix mondiaux, expose les économies de l’Afrique de l’Est à des chocs externes potentiellement déstabilisants.
En outre, le manque de diversification industrielle, les infrastructures logistiques encore limitées et les défis liés à l’intégration régionale freinent le potentiel de croissance à long terme.
Soulignons que l’essor des exportations africaines vers les États-Unis en 2025 montre qu’un repositionnement stratégique est possible, même dans un contexte commercial mondial instable. Toutefois, la durabilité de cette croissance dépendra de la capacité des pays africains à renforcer leur base productive, à diversifier leurs économies et à améliorer leur compétitivité globale.
AGNES KAYEMBE
























