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RDC : Les deux raisons de la légère baisse du taux de change [Analyse]
![RDC : Les deux raisons de la légère baisse du taux de change [Analyse]](https://zoom-eco.net/wp-content/uploads/2017/07/Taux-de-Change-29-Juillet-2017-@MereDouble-@Zoom_eco.jpg)
Une légère baisse du taux de change s’observe depuis 48 heures sur le marché parallèle à Kinshasa. De plus de 1 710 CDF, ce taux est tombé ce samedi 29 Juillet 2017 à 1 650 CDF. Deux raisons justifient cette situation. L’effet saisonnier lié au paiement d’impôts et taxes à la fin de chaque mois par les opérateurs économiques exportant leurs produits. Et, le résultat de la mesure portant gel de paiements observée par la Banque Centrale depuis deux semaines. Analyse de Zoom Eco.
- Comme à la fin de chaque mois, les opérateurs économiques exportateurs de leurs produits s’acquittent de leurs obligations fiscales. Pour ceux-là, y compris les miniers dont leurs opérations (ventes à l’étranger) se font en dollars américains, ils sont obligés de convertir les devises dont ils gardent par de vers eux afin de pouvoir payer les impôts et taxes en monnaie locale (franc congolais). Prenons le cas d’une seule entreprise minière qui doit payer à l’Etat l’équivalent en CDF de 3 millions USD. Et donc, cette opération a l’avantage de libérer d’importantes sommes en dollars US sur le marché de change. Ce qui augmente la quantité des devises et qui contribue à l’appréciation de la monnaie locale.
- Des opérateurs économiques y compris des cambistes sont d’avis que le gel des paiements en Francs congolais par la Banque Centrale du Congo depuis deux semaines a eu le mérite de freiner la circulation de la masse monétaire dans un contexte de sur-liquidité de la monnaie locale sur le marché de change. Malgré le caractère positif de cette mesure, commente un analyste, la BCC semble avoir été contrainte de l’observer d’autant plus qu’elle ne pouvait faire face à toutes les dépenses de l’Etat. Citée par RFI, l’autorité monétaire « n’a pu payer en une fois le salaire des fonctionnaires aux banques commerciales et a décidé en ce mois de juillet d’étaler ce paiement sur 10 jours en espérant l’entrée dans les caisses de l’Etat de nouvelles recettes ». Toutefois, des monétaristes sont d’avis que non seulement cette mesure n’est pas efficace mais elle a plus des conséquences négatives.
Conséquences
Si les opérateurs économiques importateurs vont, en début du mois d’Août, rechercher des devises pour pouvoir renouveler leurs stocks à l’étranger (c’est-à-dire importer les marchandises), il y a lieu de s’attendre que la rareté du dollar US accélère de nouveau la dépréciation du franc congolais dans les prochains jours. A moins que la BCC ne fasse une vente de devises aux banques commerciales.
Encore faudrait – il qu’elle ait suffisamment de devises en réserve pour pouvoir prétendre à cette opération. Tous ses espoirs sont fondés sur les rapatriements des 40% devises de l’exportation des produits miniers vendus aux marchés internationaux.
A moins qu’elle demeure définitive, la mesure de gel des paiements en CDF par la BCC pour des raisons évidentes est temporaire. Et donc, la lever pour pouvoir faciliter aux opérateurs économiques et fournisseurs de l’Etat de faire tourner leurs activités ramènerait la situation au point de départ. Certains économistes disent que la situation va encore s’aggraver. A moins que la BCC ne continuer à effectuer des paiements au fur et à mesure que le Trésor public génère des entrées.
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A tout prendre, la légère baisse du taux de change sur le marché à Kinshasa n’est visiblement que temporaire. Les solutions durables sont connues. Et c’est seulement elles qui pourront résorber cette crise.
Toutefois, il y a lieu de reconnaître les efforts louables de la BCC qui œuvre pour éviter que le pire n’arrive. Si seulement la sonnette d’alarme sur la nécessité d’industrialiser et de diversifier l’économie congolaise qu’elle tirait depuis bien longtemps était entendue. Hélas, les Gouvernements successifs n’ont pu rien faire dans ce sens.
Zoom Eco
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