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Finance

RDC : Une meilleure gestion des entreprises publiques pourrait réduire jusqu’à 61 millions USD de pertes par an

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Les entreprises publiques de la République démocratique du Congo (RDC) disposent d’une marge significative d’amélioration de leurs performances financières.

Selon un rapport de la Banque mondiale, une réforme ciblée des pratiques de gestion pourrait permettre de réduire les pertes annuelles de ces entreprises dans une fourchette comprise entre 33 et 61 millions de dollars américains.

Cette projection s’inscrit dans un contexte marqué par des pertes cumulées estimées à 5,3 milliards USD entre 2014 et 2023, soit en moyenne plus de 500 millions USD par an. Un niveau qui représente environ 0,7 % du PIB, traduisant le poids structurel des entreprises publiques sur les finances nationales.

D’après les simulations réalisées par l’institution de Bretton Woods, l’amélioration des pratiques de gestion, combinée à une rationalisation des effectifs, constitue un levier immédiat pour atténuer les risques budgétaires.

Ces ajustements permettraient de contenir significativement les pertes, sans nécessiter dans l’immédiat des transformations structurelles lourdes.

À l’inverse, le rapport met en garde contre un scénario défavorable dans lequel les principales entreprises publiques ne parviendraient pas à honorer leurs engagements financiers. Une telle situation pourrait engendrer un coût direct allant jusqu’à 179 millions USD pour le Trésor public en une seule année.

Les difficultés financières concernent principalement un noyau d’entreprises opérant dans des secteurs stratégiques, notamment la SNEL (électricité), la REGIDESO (eau), la SNCC (transport ferroviaire), l’ONATRA (logistique) et la Gécamines.

Leur endettement global a progressé, atteignant 7,3 % du PIB en 2023, contre 5,7 % en 2019, et représentant désormais 42 % de la dette publique extérieure.

La SNEL concentre, à elle seule, près de 75 % de cette dette, ce qui souligne son rôle central dans les équilibres financiers du portefeuille public.

Au-delà de l’endettement, les entreprises publiques font face à des contraintes opérationnelles importantes. Les délais de recouvrement des créances dépassent en moyenne 1.400 jours, révélant des difficultés structurelles de facturation et de mobilisation des recettes, y compris auprès des entités publiques.

Parallèlement, les retards de paiement envers les fournisseurs peuvent excéder trois ans, traduisant une dépendance accrue aux arriérés pour soutenir les activités courantes. À cela s’ajoutent des passifs sociaux, notamment des arriérés de salaires pouvant atteindre plusieurs années.

Pour la Banque mondiale, l’amélioration des performances passe avant tout par un renforcement de la gouvernance.

L’institution souligne notamment la nécessité de professionnaliser les conseils d’administration, d’instaurer des procédures transparentes de nomination des dirigeants et de clarifier le rôle de l’État actionnaire.

Le déficit de transparence reste en effet préoccupant : seule une partie des entreprises publiques publie régulièrement ses états financiers, ce qui limite la visibilité sur leur situation réelle et complique le pilotage des réformes.

Au-delà des équilibres financiers, la performance des entreprises publiques conditionne directement le fonctionnement de l’économie congolaise. Les insuffisances dans l’approvisionnement en électricité, en eau ou en infrastructures de transport continuent de peser sur la compétitivité des entreprises et sur les conditions de vie des populations.

Dans ce contexte, la réduction des pertes apparaît comme un objectif à la fois budgétaire et économique.

Pour la Banque mondiale, des réformes progressives mais cohérentes pourraient non seulement améliorer la situation financière des entreprises publiques, mais également soutenir la croissance à long terme.

À terme, une transformation plus profonde du secteur pourrait permettre d’accroître la productivité globale et de relever le potentiel de croissance de la RDC d’environ 2 points de pourcentage, contribuant ainsi à une trajectoire de développement plus durable et inclusive.

Mitterrand MASAMUNA

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