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RDC : les quatre effets de la suspension de ventes du cobalt de KCC

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La suspension temporaire par Katanga Mining de l’exportation et la vente du cobalt de son projet Kamoto en RDC est justifiée par la détection de l’uranium, à des niveaux dépassant la limite acceptable, dans l’hydroxyde de cobalt produit par cette jointe-venture détenue à hauteur de 25% par Gécamines et 75% par le groupe Glencore à travers sa filiale congolaise. Zoom Eco analyse les quatre effets de cette mesure.

Chute des actions en bourse

Il s’agit du premier impact immédiat de cette annonce d’arrêt de l’exportation et de vente du cobalt pour la mise en place d’un système d’échange d’ions. Les actions du Katanga Mining ont chuté de 33% à la Bourse de Toronto atteignant leur plus bas niveau depuis mai 2017, alors que celles de Glencore ont chuté de près de 2,9% à la Bourse de Londres à la fermeture ce mardi 6 novembre 2018.

Les actifs de Katanga comprennent la mine souterraine Kamoto et la mine à ciel ouvert KOV, fournissant respectivement des minerais sulfurés et oxydés. Elle possède également le concentrateur Kamoto et l’usine métallurgique de Luilu pour la production sur place de cuivre et de cobalt raffinés.

Investissements de 25 millions USD dans KCC

En effet, la production totale de cobalt concernée par la suspension de la vente représente, à ce jour, 1 472 tonnes de cobalt fini. Si pour Katanga Mining les faibles niveaux de radioactivité détectés dans l’uranium ne présentent pas de risque de sécurité humaine, la société affirme mener actuellement des enquêtes supplémentaires pour identifier la source de l’uranium en même temps qu’elle explore les différentes options pour atténuer l’impact de la suspension des ventes.

Cependant, la production de cobalt sur le projet Kamoto devrait se poursuivre sans réduction de la quantité produite.  D’où, la nécessité de construire un système d’échange d’ions afin d’éliminer l’uranium du cobalt produit à cette mine. Le coût de ces travaux est estimé à environ 25 millions de dollars US.

« Le système Ion Exchange devrait être mis en service d’ici la fin du deuxième trimestre 2019 sous réserve de l’obtention des approbations nécessaires. La production de cobalt finie sera stockée sur site et traitée dans le système d’échange d’ions une fois la construction terminée. Une fois le système Ion Exchange mis en service, le traitement et la vente du cobalt stocké sur le site devraient être achevés avant la fin du quatrième trimestre de 2019 », indique un communiqué officiel.

700 millions USD du chiffre d’affaires retardé

Cette mesure stratégique de Katanga Mining devrait retarder le chiffre d’affaires tiré des ventes de son cobalt au deuxième semestre de 2019 en tenant compte du quatrième trimestre de 2018 et des deux premiers trimestres de l’année prochaine.

«Nos estimations publiées prévoient que Glencore produira 22 000 tonnes de cobalt entre le troisième trimestre de 2018 et le deuxième trimestre de 2019. Aux prix au comptant, cela représenterait un retard de 700 millions de dollars de revenus », a déclaré Tyler Broda de RBC Marchés des capitaux dans une note du 6 novembre.

Cette analyste estime que ce retard dans les exportations serait compensé par l’impact sur le prix du cobalt des revenus provenant du projet Mutanda Mining et d’autres productions du cobalt de Glencore dans le monde. Donc, un avantage économique pour le géant minier suisse.

Vers l’envolée des prix du cobalt

Des analystes avertis estiment que l’arrêt des ventes de KCC, l’une des plus grandes mines de cobalt au monde, devrait entraîner l’envolée des prix du métal sur les cours internationaux dans un contexte où la demande a augmenté ces dernières années avec l’avènement des voitures électriques. En réalité, cette suspension de ventes devrait constituer une préoccupation pour les constructeurs automobiles qui ne sont pas encore approvisionnés pour l’année prochaine. D’où, l’accélération imminente de l’augmentation de la demande avec ses conséquences sur les prix.

Bien que certains comme Tesla réduisent la quantité de cobalt qu’ils utilisent dans leurs batteries, l’élimination du cobalt s’avère difficile en raison de problèmes de sécurité. Car, le cobalt joue un rôle clé dans la stabilité de la batterie, ce qui lui permet d’être chargée et déchargée sans problème.

Les prix du cobalt ont baissé cette année notamment en raison de la croissance de l’offre de mines en RDC, qui produit plus de 60% de l’offre mondiale de métaux. Toutefois, la demande devrait doubler au cours des prochaines années en raison de son utilisation dans les batteries lithium-ion des voitures électriques.

A RE(LIRE) : contentieux KCC réglé, Gécamines et Katanga mining signent un accord !

En rappel, la décision d’arrêter les exportations et les ventes du cobalt de Kamoto Copper Company intervient près d’un an après la reprise de la transformation du cuivre et du cobalt de cette jointe-venture, suspendue depuis septembre 2015, pendant les phases de construction du projet de lixiviation du minerai.

La mine a fourni 102 600 tonnes de cuivre et 6 500 tonnes de cobalt à la production de Glencore pour les neuf premiers mois de 2018. Ce qui correspond à environ 25% de l’offre mondiale. Pour cette année, le négociant suisse en matières premières devraient produire 39 000 tonnes de cobalt (+2 000 tonnes) et 1,465 million de tonnes de cuivre (+20 000 tonnes). Et KCC devrait contribuer à environ 11 000 tonnes de cobalt et 150 000 tonnes de cuivre.

Eric TSHIKUMA | Zoom Eco

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