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Albert Yuma: « l’avenir du code minier et de la Gécamines est très prometteur »

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Le président du Conseil d’administration du géant minier congolais et président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Albert Yuma estime que l’avenir du Code minier en vigueur et celui de la Gécamines est très prometteur. Cela, a-t-il souligné, à condition que les investisseurs soient sincères. Cette déclaration avait été faite lors des travaux de DRC Mining Week 2018.

Pourquoi ce parallélisme ? D’après Albert Yuma, toutes les entreprises minières qui travaillent dans l’ex. Katanga émanent de la Gécamines. Quoi de plus normal que les bonnes perspectives minières encadrées par le Code minier aient un impact sur les activités de la Gécamines. Au regard des différentes réformes initiées pour le redressement et des premiers résultats déjà obtenus, la Gécamines s’emploie à reprendre sa place d’acteur minier de première trempe.

Une action, trois axes

L’action de développement lancée depuis des années s’étale sur trois axes principaux. Il s’agit de la reconstruction d’une capacité industrielle pour redevenir un producteur minier de trempe internationale ; le développement de partenariat innovant ; et, la réévaluation des partenariats au regard de résultat des analyses menées par le cabinet conseil.

« La Gécamines ne pèsera de nouveau sur la scène minière internationale, et ne jouera son rôle au service du pays comme elle l’a fait dans le passé que lorsqu’elle redeviendra un producteur à part entière. Et non pas en ayant une part minoritaire dans les joint-venture», a martelé le PCA de la Gécamines.

Des décisions courageuses ont été prises et appliquées notamment la fermeture des usines obsolètes à Kolwezi pour pouvoir concentrer les efforts d’investissements dans les usines encore productives. C’est ainsi qu’en 2016, rappelle Albert Yuma, 50 millions de dollars ont été investis entre autres pour la modernisation de la salle électrolyse de Shituru, l’installation d’une unité broyage, le développement d’un grand site à Kampansa et la certification des mines du groupe centre encore en activité.

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Quelques pesanteurs

Les résultats des actions menées par le duo Yuma-Kamenga à la tête de la Gécamines sont affaiblis par un certain nombre de pesanteurs. « Aussi longtemps les structures et les règles de fonctionnements, les effectifs pléthoriques seront gardés tels quels, cela constituera toujours un échec à toute tentative d’envol. Nous avons décidé de nous confronter à cette réalité et un audit a été commandité», a révélé Albert Yuma.

A lui d’insister, les conclusions de cet audit ont abouti à un constat amer : «tant qu’on ne va pas changer les manières de faire, tant qu’on n’adaptera pas les effectifs à la capacité de production, rien ne pourra marcher».

Sans une bonne réforme, jamais une société comme la Gécamines ne saurait valoriser son potentiel de production industrielle.

Société pas comme les autres

La Gécamines est une société commerciale pas comme les autres. A ce titre, rappelle Albert Yuma, elle ne peut pas se permettre de licencier son personnel pléthorique et vieillissant, quand bien même sa situation l’exigerait. Aussi, reste-t-elle pour la totalité de l’ancien Katanga une institution sur laquelle beaucoup de gens dépendent.

«Nous avons de responsabilités sociales importantes vis-à-vis de la population locale et de l’Etat congolais. Tenez, la Gécamines, c’est encore 35 000 écoliers et étudiants chaque année ; près de 1 200 professeurs ; 6 hôpitaux ; 10 cliniques ; 14 dispensaires ; 12 centres de santé ; 26 000 admissions médicales ; 170 000 consultations ; 8 500 salariés tous effectifs confondus. Gécamines, c’est encore jusqu’à ces jours plusieurs millions de fiscalités», a précisé Albert Yuma.

A ceux qui cherchent à savoir par où passe le peu d’argent perçu par la Gécamines de ses partenariats, la réponse du président du Conseil d’administration est claire : « Il va dans nos installations, dans les salaires du personnel et contribue à l’effort national. Il ne va pas dans la corruption comme le pensent certaines mauvaises langues.»

Reforme, phase décisive

Parlant des grandes lignes de cette réforme, Albert Yuma annonce qu’elle sera engagée au début de juillet 2018. Elle mettra à plat leur organisation et leur mode de fonctionnement.

« Aucune question ne sera tabou, aucun carré ne sera épargné, toutes les activités seront évaluées et rien ne sera caché. Neuf chantiers seront engagés autour du pilotage de la transformation, autour du changement des ressources humaines et du système d’information. Mais, la contrepartie de cette réforme aura sûrement de conséquences négatives pour certains employés», a-t-il prévenu.

Si aucun salarié ne sera privé de son salaire, il y a lieu de s’attendre que tous ne conservent pas leurs emplois dans les mois à venir. Car, il est anormal pour une société d’avoir un effectif de cinq fois plus de salariés.

«On ne conservera que le personnel nécessaire pour l’atteinte de leurs objectifs. Nous réorganiserons notre organigramme autour de Business unit. Le rajeunissement du management permettra aux jeunes d’accéder à des postes de responsabilités, pour emmener du sang neuf et jeune. Plus 1 200 personnes partiront dignement à la retraite», a insisté Albert Yuma.

Deziwa, modèle du new deal

Toutes les actions menées depuis des années visent le relèvement de la capacité de production de la Gécamines. C’est dans ce cadre qu’un partenariat innovant a été noué avec une entreprise chinoise pour la mine de Deziwa à Kolwezi pour produire 80 000 tonnes de cuivre dès le début 2020.

« Cette usine deviendra une propriété entière de la Gécamines au bout de 10 ans. Les travaux seront terminés mi – 2019. C’est pour la première fois qu’un partenariat lève les fonds sur l’exploitation d’un gisement emmené par la Gécamines avec engagement de céder la propriété de l’usine à l’issue d’une période bien déterminée sans que la Gécamines n’ait à débourser des sommes, ce qui lui serait difficile de faire vu sa situation actuelle. C’est donc un partenaire gagnant-gagnant», a déclaré Albert Yuma.

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Cette année, la Gécamines a atteint un point de convergence avec le groupe Forrest avec qui un accord transactionnel a été récemment signé mettant ainsi fin au litige qui les a conduit en justice. Un deuxième arrangement à l’amiable vient d’être conclu avec Katanga Mining dans le cadre de la jointe-venture KCC. Plusieurs autres partenariats ont été signés pour permettre à la Gécamines de redémarrer.

Ainsi, conclu Albert Yuma, l’avenir de la Gécamines est radieux tout comme celui du code minier. Mais, cela ne marcherait que si les termes d’échange des investisseurs sont sincères. Il appelle toutes ces entreprises à s’y conformer.

Nadine FULA | Envoyée spéciale à DRC Mining Week

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