Connect with us

Nation

RDC : Fleuronisation du Portefeuille congolais (Tribune)

Published

on

Un vaste domaine personnel, Juillet 1885 !
Le Kongo était une colonie attribution du roi des Belges Léopold II. Un patrimoine personnel. Le roi était ainsi très préoccupé de mettre en place un mécanisme pour rentabiliser son domaine, si riche et si vaste. Et pour réussir ce pari, il lui en fallait bien des capitaux pour entretenir un tel domaine à la superficie de 2,3 millions de kilomètres carrés ; quatre-vingt fois plus grand que le royaume de son règne ; cela semble être le plus grand domaine foncier qu’un individu n’ait jamais possédé de l’histoire humaine.

Décembre 1886, le grand patron créa la Compagnie du Congo pour le Commerce et l’Industrie (CCCI), pour une promotion de toute opération industrielle, commerciale, agricole, financière et de travaux publics sur son vaste territoire. C’est une forme d’organe d’Etat, qui aura pour première mission la construction de chemin de fer du Bas-Congo et la supervision du développement du domaine.  

Face aux exigences financières, que nécessitaient les dépenses d’entretien de la plus grande colonie individuelle de l’histoire ; n’ayant pas assez de moyens, il mettra en place une nouvelle organisation consistant à primer des sociétés à charte. S’inspirant du modèle des seigneurs de guerres dans les organisations féodales, les sociétés à charte recevaient le pouvoir d’occuper des domaines territoriaux aux fins de les mettre en valeur. Couvertes par des conventions spéciales avec l’Etat, elles peuvent à leur tour louer, concéder l’exploitation forestière ou minière, signer une aventure conjointe avec une ou d’autres sociétés, percevoir des redevances sur l’exploitation par tiers.

Cette pratique ayant pour vision unique, la rentabilisation du domaine, l’exploitation était essentiellement tournée vers les besoins de la Belgique. Ce qui donna au nouvel Etat les soins de concevoir et mettre en place des projets et choisir des personnes capables de les mener à bien. Deux sociétés à charte verront le jour sous le règne de Léopold II, il s’agit du Comité Spécial du Katanga (1891) et de la Compagnie des Chemins de Fer du Congo Supérieur aux Grands Lacs Africains (1902). Elles joueront un rôle très important dans la colonisation en s’associant aux grands groupes financiers notamment Belges, pour créer plusieurs autres sociétés dont la fameuse Union Minière du Haut Katanga et bien d’autres tels que la Compagnie du Bas-Congo au Katanga, la Société Forestière et Minière du Congo, la Compagnie des Chemins de Fer du Katanga, la Compagnie du Kasaï, la Compagnie des Magasins Généraux, la Société Anonyme Belge, la Compagnie du Katanga, la Compagnie des Produits du Congo, l’American Congo Company et la Société Commerciale et Financière Africaine. Ces sociétés participent activement et définissent la politique d’investissement et de développement sur le domaine du roi.

1908, le Congo alors devenu une colonie à part entière du Royaume de Belgique, et non plus de son roi, toute la mise en valeur est restée à l’initiative des capitaux de ces sociétés ainsi privées. Cette industrialisation continue sur sa lancé aux rythmes des vagues mondiales, ainsi bousculée par les différentes crises et les deux grandes guerres mondiales. La crise financière de 1929, qui coupe un élan repris de plus belle, depuis la fin de la première guerre mondiale, puis la seconde guerre mondiale en ralenti la montée ; puis encore une relance, surtout à la guerre de Corée où la Belgique avait tant besoin des exportations forestières et minières de son domaine.

En somme, le secteur privé se développe dans le grand Etat à un rythme plausible, les institutions financières s’installèrent au rythme de croissance des petites et moyennes entreprises. Le pouvoir d’achat de la population indigène s’améliore et la vie prospère jusqu’à la veille de l’indépendance 1960 – Choc !

Brève histoire nationaliste

Choc d’investissement en effet, juin 1960, une loi Belge offre aux entreprises coloniales d’opter soit pour la nationalité belge, soit pour la nationalité congolaise, en parade de défense contre l’indépendance qui s’annonce en fin du même mois de la même année – 30 juin 1960. Comme disait ainsi le feu Marechal Mobutu, « le choix est clair entre un ami et un frère », plusieurs ont évidemment choisi la nationalité belge. Et les actionnaires transformèrent les entreprises œuvrant au Congo en filiales. Par ce stratagème plusieurs sociétés encore échappèrent au contrôle du nouvel Etat Indépendant du Congo. C’est par là que plusieurs de citoyens congolais disent l’indépendance économique n’avait jamais eu lieu. Les remous remontent et font réagir le nouvel Etat indépendant – Frustration !

Cette frustration liée à la demande d’indépendance, loin d’être un don de la Belgique au Congo conduit ainsi au 27 juin 1960, que le gouvernement belge dissoute le Comité Spécial du Katanga (CSK) et la Compagnie des Chemins de Fer du Congo Supérieur aux Grands Lacs Africains (CFL), et transforme le Comité National du Kivu (C.N.K.I) en Société Belgo-africaine de Kivu (SOBAKI). De ce fait, le Congo perd ainsi par un stratagème financier, non maitrisé de ses nouveaux dirigeants, les deux tiers des bénéfices du Comité Spécial du Katanga et la majorité des actions dans la fameuse Union Minière du Haut Katanga, ainsi qu’un nombre important des droits de votes dans plusieurs sociétés de portefeuille d’Etat – Angoisse !

Une angoisse bien entendu qui a conduit à ce qu’en novembre 1964, le gouvernement congolais rejette par décret-loi le décret royal du 27 juin 1960, pour réagir contre la suppression du Comité Spécial du Katanga et de Compagnie des Chemins de Fer du Congo Supérieur aux Grands Lacs Africains. Ce refus aboutit à une négociation « Tshombe-Spaak » dont le résultat en Février 1965 donne lieu aux accords de maintenir les droits du Comité Spécial du Katanga au tiers des concessions faites par la colonie et règlent la cession des titres de quelques sociétés, ainsi détermine la dette que le jeune Etat accepte de payer à la Belgique – Insatisfaction !  

De cette insatisfaction, il en découle qu’en juin 1966, une deuxième réaction d’envergure de l’Etat indépendant du Congo et deuxième choc, la fameuse loi Bakajika. Le gouvernement résilie toute concession et cession accordées à l’époque du Congo-Belge, soit avant l’indépendance à quiconque, organisation ou personne physique et morale. Il enjoint toutes les entreprises ayant leurs activités principales au Congo, de transférer leurs sièges sociaux à Kinshasa, faute de quoi, leurs sièges d’exploitations locaux seraient transformés en entreprises appartenant à part entière (cent pour cent)au gouvernement Congolais – révolte !

Oui, révolte même au sein du pays au fond d’une période trouble. Ces premières années d’indépendance sont aussi les années que Thomas Kanza décrit dans son livre « Conflict in the Congo », comme des périodes instables, des périodes de guerres civiles et d’agitationssociales. Non seulement le gouvernement du jeune Etat ne maitrisait pas cette économie en éclat du privé contrôleur de capitaux, mais aussi, l’indépendance mal préparée, ne donne pas lieu à un contrôle des actions des sociétés. Kalonji au Kasaï, Tshombe au Katanga, Lumumba pour le reste, le pays était déchiré par les sécessionnistes à la lumière des grandes sociétés qui les soutenaient et cherchaient le contrôle comme un home noyé, dont le désire se porte à un seul souhait : « ressortir la tête de l’eau et prendre une bouffée d’oxygène ». Coup d’Etat, massacre, le jeune Etat était simplement instable.

Cependant, la prise aux allures de combat de catch sur l’économie du pays était si forte et si lourde que malgré la reprise d’un gouvernement stable, après que le régime de Mobutu avait maté toute rébellion, la situation allait de mal en pire, par suite de décisions hâtives. D’aucuns savent que pas d’omelette sans casser les œufs ; vers les années 1973 et 1974, une radicalisation conduit au pire, il s’agit de la Zaïrianisation.

Etatisation (Zaïrianisation)/ Récession

Pour n’importe quel investisseur au monde, ce serait un cauchemar. Si cette possibilité existait dans la lecture de risque d’investissement, personne n’en prendrait le sourire de miser sa fortune dans une telle zone. Mobutu, après une maitrise de toutes les guerres internes de sécessions, il va décréter la nationalisation des biens commerciaux et des propriétés foncières des entreprises appartenant aux groupes financiers étrangers notamment Belges. Parce qu’au Congo ou au Zaïre, il avait toujours été considéré que les Belges s’étaient approprié indignement les entreprises qui ne devraient pas leur appartenir. Et cela a toujours été au cœur des longues périodes de conflits froids entre la colonie et la métropole.

Cette expropriation et mal agencée encore une fois, va détériorer les circuits de distributions des produits manufacturiers à l’intérieur du pays. Les fournisseurs étrangers n’avaient plus confiance aux nouveaux propriétaires des entreprises dans un pays instable et plus de bénéfices de crédits n’étaient accordés. Les entreprises fermèrent des portes et le marché informel prit une ampleur à très grande vitesse et sans précédent.

Des dignitaires du régime se retrouvèrent à la tête des grandes entreprises pour une gestion non maitrisée. Un habitant d’une petite ville de Likasi n’en a gardé que le souvenir d’une propriété de bâtiments abritant les locaux commerciaux de part et d’autre d’une avenue sur cinq cents mètres. Il fut l’un des acquéreurs. Son témoignage, il suffisait de démontrer que l’on était commerçant et dignitaire du nouveau régime pour être un acquéreur. Et de ces acquisitions, les plus chanceux, n’en ont gardé que les bâtiments délabrés.

Le coût de cette transaction a été lourd et énorme pour l’économie du pays.  Alors que Mobutu constata que tout s’effondrait, avec la pression de la politique étrangère, il va concéder à une récession jusqu’à 60% de certaines participations dans les différentes sociétés récemment expropriées. Toutefois, le mal était déjà fait et le crédit d’investissement consommé. C’est la longue période de la dépression économique du pays qui va couvrir tous les trente ans du règne de Marechal.

La production des minerais était en chute continue jusqu’à l’arrêt cardiaque vers les années 1990. La Générale des Carrières et des Mines ne comptait plus sa production, la Minière de Bakwanga dans le noir, la Kisenge Manganèse éteinte, le train ne roulait plus sur les voies de la Société nationale des chemins de fer, parce que plus de marchandises, plus d’huile de palme du Kasai vers le Katanga, plus rien.

Plusieurs critiques ont fait des tonnes de pages des livres, des rapports, des revues, sur la gestion de la Gécamines et des sociétés du portefeuille de l’État, dont les scandales se sont perpétués jusqu’à ce jour ; nous ne les reproduirons pas ou commenterons dans cette présente réflexion. Cependant les termes et expressions qui revenaient tant, était « mauvaise gestion », « léthargie dans la pyramide de décision », « gabegie financière », « détournement des fonds » etc. Ces reproches constituent le gros des idées qui soutenaient la libéralisation des marchés et la privatisation des secteurs opérationnels et transformation de ces sociétés du portefeuille.

Privatisation ou harmonisation à propriétaire unique ?

Le père était certainement communiste ou extrême socialiste… 2001, le fils prend le pouvoir et visiblement lui, sera capitaliste, au sens du terme critiqué, et cela pour des raisons non avouées. De lui, de son entourage, une suite des mesures ressort de l’ombre de l’idéologie de son héros de père dont le nom n’a servi que de marche pieds vers le fauteuil du pouvoir. Parmi ces mesures, la plus en vue est la libéralisation de secteur minier, dont la loi (le code minier) s’est amélioréelorsqu’il a adopté le confort panafricain dix-sept ans plus tard.

Pendant environs quarante ans d’indépendance du Congo, le secteur minier était une prérogative monopolistique de l’Etat à travers la Générale des Carrières et des Mines (GCM) ; néanmoins en ce qui concerne les minerais de cuivre et le cobalt qui va couvrir tous les trente ans du règne de Marechal.

La production des minerais était en chute continue jusqu’à l’arrêt cardiaque vers les années 1990. La Générale des Carrières et des Mines ne comptait plus sa production, la Minière de Bakwanga dans le noir, la Kisenge Manganèse éteinte, le train ne roulait plus sur les voies de la Société nationale des chemins de fer, parce que plus de marchandises, plus d’huile de palme du Kasai vers le Katanga, plus rien.

Plusieurs critiques ont fait des tonnes de pages des livres, des rapports, des revues, sur la gestion de la Gécamines et des sociétés du portefeuille de l’État, dont les scandales se sont perpétués jusqu’à ce jour ; nous ne les reproduirons pas ou commenterons dans cette présente réflexion. Cependant les termes et expressions qui revenaient tant, était « mauvaise gestion », « léthargie dans la pyramide de décision », « gabegie financière », « détournement des fonds » etc. Ces reproches constituent le gros des idées qui soutenaient la libéralisation des marchés et la privatisation des secteurs opérationnels et transformation de ces sociétés du portefeuille.

Privatisation ou harmonisation à propriétaire unique ?

Le père était certainement communiste ou extrême socialiste… 2001, le fils prend le pouvoir et visiblement lui, sera capitaliste, au sens du terme critiqué, et cela pour des raisons non avouées. De lui, de son entourage, une suite des mesures ressort de l’ombre de l’idéologie de son héros de père dont le nom n’a servi que de marche pieds vers le fauteuil du pouvoir. Parmi ces mesures, la plus en vue est la libéralisation de secteur minier, dont la loi (le code minier) s’est amélioréelorsqu’il a adopté le confort panafricain dix-sept ans plus tard.

Pendant environs quarante ans d’indépendance du Congo, le secteur minier était une prérogative monopolistique de l’Etat à travers la Générale des Carrières et des Mines (GCM) ; néanmoins en ce qui concerne les minerais de cuivre et le cobalt

qui va couvrir tous les trente ans du règne de Marechal.

La production des minerais était en chute continue jusqu’à l’arrêt cardiaque vers les années 1990. La Générale des Carrières et des Mines ne comptait plus sa production, la Minière de Bakwanga dans le noir, la Kisenge Manganèse éteinte, le train ne roulait plus sur les voies de la Société nationale des chemins de fer, parce que plus de marchandises, plus d’huile de palme du Kasai vers le Katanga, plus rien.

Plusieurs critiques ont fait des tonnes de pages des livres, des rapports, des revues, sur la gestion de la Gécamines et des sociétés du portefeuille de l’État, dont les scandales se sont perpétués jusqu’à ce jour ; nous ne les reproduirons pas ou commenterons dans cette présente réflexion. Cependant les termes et expressions qui revenaient tant, était « mauvaise gestion », « léthargie dans la pyramide de décision », « gabegie financière », « détournement des fonds » etc. Ces reproches constituent le gros des idées qui soutenaient la libéralisation des marchés et la privatisation des secteurs opérationnels et transformation de ces sociétés du portefeuille.

Privatisation ou harmonisation à propriétaire unique ?

Le père était certainement communiste ou extrême socialiste… 2001, le fils prend le pouvoir et visiblement lui, sera capitaliste, au sens du terme critiqué, et cela pour des raisons non avouées. De lui, de son entourage, une suite des mesures ressort de l’ombre de l’idéologie de son héros de père dont le nom n’a servi que de marche pieds vers le fauteuil du pouvoir. Parmi ces mesures, la plus en vue est la libéralisation de secteur minier, dont la loi (le code minier) s’est amélioréelorsqu’il a adopté le confort panafricain dix-sept ans plus tard.

Pendant environs quarante ans d’indépendance du Congo, le secteur minier était une prérogative monopolistique de l’Etat à travers la Générale des Carrières et des Mines (GCM) ; néanmoins en ce qui concerne les minerais de cuivre et le cobalt

Grand Katanga, un héritage de l’Union Minière du Haut-Katanga de l’époque coloniale. Elle a été la société d’Etat qui avait le contrôle sur toutes les carrières en production, en exploration et les réserves non découvertes et non traitées.   Celle-ci après la baisse drastique de sa production, son incapacité à pourvoirses fonds de roulement, elle a eu un intérêt à céder aux investisseurs privés certaines zones et concessions.

Les revenus issus de ces options ventes, étaient très importants, à tel point que seuls les pas-de-porte constituaient des bonis considérables qui pouvaient supporter la majeure partie des fonds de roulement. Hélas !   Les pas-de-porte sont des options payées à la société pour avoir droit à l’examen de dossier et avoir droit à l’exploration de gisements avant les conclusionsd’une vente éventuelle ; elles sont libres d’une obligation de remboursement. Les redevances minières sont aussi payées à la géante comme propriétaire de concession dans ses différents contrats. Entre 2% à 3% du chiffre d’affaires, selon le contrat, la Générale des Carrières et des Mines se prend un revenu hors opérations courantes significatif pour s’ajouter à la résolution de ses problèmes de trésoreries et de fonctionnement.  

Tout ce qui précède n’est qu’une occurrence représentant les difficultés et les opportunités historiquement identifiées dans le fonctionnement des entreprises de portefeuilles, transformées en sociétés commerciales (privées) à propriétaire unique, l’Etat Congolais, face à la libéralisation des secteurs opératifs mines, manufactures, banques, environnement etc.

Privé public !

Allons brièvement sur la différence entre le privé et le public. Qu’est-ce qu’une société privée et de quoi elle se distingue d’une société publique. C’est une continuité de la série des réflexions universitaires des années 2000. Des professeurs et des étudiants des universités en République Démocratique du Congo face à l’échec et la faillite troublants des entreprises du portefeuille comme la Générale des Carrières et des Mines, dont la production était dévastée, la Société Nationale des Chemins de Fer du Congo qui ne véhiculait plus, détrônée par les camions remorques des sociétés à capitaux privées, la Régie des Eaux qui ne desservait plus d’eau et laissant place aux forages individuels et la Société Nationale d’Électricité qui au bout de souffle ne formulait plus d’excuses de délestage, et bien d’autres sur une longue liste des sociétés à compétence publique, société du portefeuille de l’Etat Congolais. Ces réflexions ont conduit à des suggestions convergentes de privatisations des entreprises publiques.

1. Capital privé

Toute somme d’argent injectée dans une affaire, un investissement, comme prêt (emprunt), ou fonds propres, provenant des sources autres que les institutions telles que les banques et les pouvoirs publics, est dite capital privé. Il sied donc de préciser que ce sont des investissements individuels ou d’un groupe d’individus hors influence dominante des pouvoirs publics.

Le capital privé se constitue des acquis individuels dont le principal facteur est la compétence. Une formation ou éducation, un don, un savoir-faire, une expérience, en résumé la compétence ; et sont souvent à la base de la création des richesses individuelles. Les personnes physiques qui investissent tirent généralement des capitaux des fruits rémunératoires de leur travail individuel, qui se veut cumulateur par l’épargne.    

2. Capital public

Dans un sens plus large, la richesse des nations ne provient que des actions individuelles. Des actions singulières combinées dans un complexe de lois régulatrices et d’interdépendances socio-économiques. Si le capital privé est la somme en affaires ou en investissement des individus ou d’un groupe d’individus, le capital public est aussi de la même source, mais à institutions publiques interposées.

Les banques fonctionnent avec les fonds des épargnants ou des individus plaçant confiance en elles. Elles collectent les fonds pour les réinvestir à leur tour au travers les prêts ou acquisitions propres. Les gouvernements ou les pouvoirs de la collectivité, eux tirent la majeure partie de leur richesse des impôts et taxes. Ce qui du reste est une contribution des individus.

Donc qu’il s’agisse de privé ou de public, l’action individuelle est à la base et en donne substance. C’est l’essence du régime capitaliste. Et lorsqu’un individu commence à compter par mesure considérable sa contribution à la richesse globale, il se veut tout naturellement influent. L’influence devient comme une rémunération de son effort disproportionné dans la collectivité.

3. Point de vue de l’économie  

Les entreprises sont qualifiées de privées ou de publiques en fonction de la nature de la personne exerçant une influence dominante sur sa direction.  Ainsi, on parlerait d’une entreprise privée lorsque les personnes qui occupent une position dominante dans la prise de décisions, par voix de vote, sont autre qu’une collectivité publique ou une institution dotée de pouvoir publique.

Cette définition est possessive et directement tournée vers le droit de propriété. C’est pourquoi la question soulevée lors de l’avènement de la privatisation n’a jamais trouvé une réponse satisfaisante. Son objectif venté, était entre outre de rendre plus dynamique les entreprises publiques.

Privatisation, pour quel investisseur ?  

Le non-dit dans cette démarche est au fond de cette question. Privatiser, mais pour quel investisseur ? la réponse précipitée est « pour son propriétaire ». Il sied de constater les ventes en cascades des titres de propriétés détenus par ces sociétés, à l’occurrence la Gécamines.

La privatisation à actionnaire unique, l’État congolais, comme ce plan a dû le préconisé et le mettre en pratique, est un arrêt volontaire d’une belle occasion de moderniser, de lutter contre le saignement à blanc des trésoreries de ces sociétés, et passer simplement auxcôtés des belles opportunités de redynamiser le capital public.

Les nouvelles sociétés commerciales et privées à actionnaire unique, sont vues donc dans une course de vente des titres de propriétés sur les avoirs de ces sociétés, retarder et retenir impunément les dettes sociales de retraite et passer l’éponge sur les arriérés de salaires. Avec l’ingérence des obédiences politiques pour la nomination des mandataires et ceux chargés de la direction et de prise des décisions majeures de ces sociétés.

Remise au public  

Une société listée est une société enregistrée dans un système de régulation d’un marché des capitaux, dans un cadre légal et approprié, le public peut s’en acquérir des actions et d’autres valeurs mobilières comme les obligations. Une bourse est donc un cadre règlementé et institué en marché des valeurs mobilières ; où les entreprises qui le souhaitent et dont la forme juridique s’y prêtent, font appel à l’épargne publique (des individus, de l’Etat et d’autres entreprises).

Pour garantir l’équité, les sociétés listées partagentcouramment des informations financières et de gestion au public intervenant sur le marché financier. En Afrique de l’Est, certains marchés boursiers commencent à prendre de l’ampleur comme la bourse de Dar-es-Salam, Kigali, Nairobi, Uganda etc. – La République Démocratique du Congo n’en détient même pas une ossature.

Une remise au public serait donc une disposition ou une ouverture à l’épargne publique. Chaque citoyen congolais, qui en a le mérite par ses capacités d’accumulation de sa richesse, serait en droit d’acquérir une action cotée dans ce cadre règlementé d’une société de portefeuille de l’Etat alors privatisée. Il s’agirait ainsi d’une double révolution de l’économie du pays ; se défaire des longues dettes sociales et de redynamiser les sociétés de portefeuilles.

Justice / Equité sociale

Il n’existera pas une piste de relance plausible pour ces sociétés de portefeuille sans une justice sociale. L’éthique qui doit faire le socle des sociétés rénovées requiert que cette justice sociale soit effective, en commençant par remettre en droit les retraités de ces sociétés, réduire les effectifs, supprimer les postes non productifs (les Grands Directeurs Hiérarchiques sans affectation), dans un cadre approuvé et convenu.

Certains employés de ces sociétés ont accumulé des dizaines de mois de prestations non rémunérées, des retraités sans soldes et indemnités de sorties, des hauts cadres sans fonctions. Ces derniers refusent de partir de la société pour crainte de perdre le fil de suivi et l’espoir de payement de leurs indemnités de sortie. Ces sociétés se fondent sur le pouvoir publique pour échapper à la pression de leurs engagements. Une obligation ne vieillie pas pouvons-nous le dire.

La justice sociale est une puce, qui peut vivre des jourssans se nourrir, et survivant à l’espoir de sucer du sang neuf un jour. Le pouvoir public, l’État congolais, peut se succéder à longueur des années, mais n’aura jamais une paix sociale solide sans un ménage adéquat et une réponse adéquate à ces obligations sociales. Les dettes sociales de ses employés au sein des sociétés du portefeuille tel que la GCM, la SNCC, la SOGETEL, REGIDESO, SNEL, ONATRA, SOKIMO etc.

Désintéresser la masse salariale non productifs des grandes sociétés d’Etat – Model de désengagement par actions.

A l’occurrence d’une de ces sociétés à performance alourdie, la Gécamines a des dettes fiscales et sociales à la hauteur de 12% de la valeur de son actif et des charges du personnel qui représente 32% de son chiffre d’affaires (Etats financiers, exercice 2022). Une physionomie de charges moins attractive pour les nouveaux investisseurs ; et une silhouette trop mince de l’économie. La société reste prisonnière de la politique de retraite et de l’efficience. Cette image de la Gécamines, est une occurrence fidèle à la plupart des sociétés de portefeuille.

La justice sociale se veut sous cette vision être une obligation de libération des charges sociales à l’endroit des anciens et actuelles salariés des entreprises du portefeuille. Nous y proposerons, sous cet angle de vue, que les employés de ces sociétés qui ont des longs mois d’arriérés de salaire et les indemnités de sortie ou de retraite non payés ; soient récompensés en actions ou parts sociales. Une proportion de 50/50 peut être le début d’une belle passe publique – privé. C’est-à-dire une proportion de 50% du capital social de ces sociétés peut bien servir à désintéressés les créanciers sociaux.Les ayant droit et les acquis de ces cessions d’actions, pourront avoir un cadre règlementé de revente de ces actions aux épargnants et à ceux détenant les capitaux. Ainsi se créerait un marché qu’au maintien des valeurs financières, qui continuerait à pousser dans le sens des marchés boursiers plus compétitifs.

Les manifestations des retraités de la Gécamines, Société Nationale des Chemins de fer, et de toute autre entreprise publique en déficit ; les regrets des employés en mal de rémunérations, peuvent se résoudre par ce schéma combien simple si non requérant que la seule volonté discrétionnaire du gouvernement congolais.

Contrôle et analyse des marchés

Au cœur de cette réflexion, nous suggérons un cadre légal et règlementé, pour toute acquisition ou cession des actions issues du désengagement des dettes sociales. Ce marché financier permettrait aux premiers acquéreurs de titres de pouvoir en échanger contre cashauprès de l’Etat lui-même ou auprès des ménages épargnants ou d’autres entreprises désireuses d’investir dans une structure beaucoup plus large.

Ces valeurs dont les prix seront fonction des lois primaires de marché, donneront naissance à une formation d’un premier marché boursier de la République Démocratique du Congo. Les valeurs seront ainsi fixées par la loi du marché. Cependant, il devrait exister un cadre règlementaire, une entreprise boursière afin de réguler et d’assurer les différents intervenants dans ce système.

Cadre légal des affaires, une harmonisation africaine

La participation de la République Démocratique du Congo au concert de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires, est un socle préalable d’une introduction à un climat harmonisé des affaires, des références de régulation, des fondements d’encadrement des investisseurs aux travers de ses outils comme les MARD, les procédures de recouvrement de créances, le système de comptabilité, le droit des sociétés etc. Ce cadre peut être soutenu et augmenter avec des particularités congolaises pour une police de bourse et un cadre de contrôle des mouvements des investissements totalement laissé à la libre affectation du privé.

Le véritable recours à l’épargne privé de manière publique

On aura non seulement écrit l’histoire de bourse mais en faire un pas de géant dans le cadre des marchésfinanciers. L’impression des instruments financiers issus de liquidation d’une dette sociale de longue durée. C’est un acquis que ces travailleurs ont rendu service à leurs sociétés respectives et qu’ils méritent une rémunération. Cette dette est par la loi de la justice sociale, un acquis dont ils mériteront réclamation que soient des années.

Quant à ces sociétés remises au public, elles seront listées, cotées en bourse de la République Démocratique du Congo, et soumise à une règlementation de performance et d’éthique telle que les meilleures bourses du monde en cherchent au quotidien une régulation justement proportionnée pour le capital privé.

La réflexion sur la privatisation entreprise dans les années 2000 par l’intellectuel universitaire et promue par le gouvernement congolais était inachevée. La privatisation à propriétaire unique ne valait pas mieux que la forme antérieure, tout en admettant la transformation qui en a été faite. Les entreprises dites publiques (parce qu’appartenant à l’Etat), si elles accusaient une certaine léthargie dans le fonctionnement, elles n’en valent pas mieux alors dites privatisées mais avec les dirigeants politiquement exposés et nommés par les politiques via le pouvoir public et encore moins ne possédant aucune autre participation.

Cette privatisation devrait s’accomplir par une véritable remise au public… lister sur le marché financier et des capitaux, afin que quiconque aurait une épargne nécessaire pouvait acquérir la participation et ainsi qu’un contrôle conjoint et civilisé des actifs de ces sociétés.

La nouvelle start-up devrait bénéficier de ce cadre et se mettre en incubation boursière pour permettre une rencontre entre les possesseurs des capitaux et les innovateurs ou possesseurs des idées. Ceci les aiderait au mieux que les simples rencontres de réseaux et d’amitiés.

Nous pouvons avoir le courage de mener nos réflexions jusqu’aux actions pour une fleuronisation !

Fleuronisation du portefeuille congolais.

Depuis plusieurs décennies les entreprises congolaises n’ont pas réussi à sortir des frontières congolaises, elles ont moins réussi à opérer une scalabilité. La fleuronisation, dans le cadre d’un portefeuille d’entreprises publiques, désigne la transformation d’entreprises d’État en entreprises économiques rentables et concurrentielles à l’international. Soit faire de ces entreprises des « fleurons » nationaux, des champions de l’industrie qui peuvent briller au-delà de leurs frontières.

Pourquoi la fleuronisation pour les entreprises congolaises ?

C’est pour :

Le renforcement de la souveraineté économique : En créant des entreprises nationales puissantes, la RDC réduit sa dépendance économique vis-à-vis de partenaires extérieurs et augmente son pouvoir de négociation.
La dynamisation de la croissance économique : Des entreprises performantes sont génératrices d’emplois, de perceptions fiscales et d’investissements.
La diversification économique : En créant des entreprises dans plusieurs secteurs, la RDC réduit sa vulnérabilité face aux chocs externes liés à la fluctuation des prix des matières premières.
La modernisation de l’appareil productif : La fleuronisation suppose une modernisation de l’outil de production, de la gestion et de l’adoption de technologies modernes.

Les Éléments Clés d’une Stratégie de Fleuronisation

Choix stratégiques : Identifier les secteurs porteurs et les entreprises à fort potentiel de développement.
Gouvernance d’entreprise : Mettre en place des conseils d’administration indépendants et des mécanismes de contrôle efficaces.
Renforcer la privatisation partielle : Introduire du capital privé dans les entreprises publiques pour améliorer leur performance et leur compétitivité.
Opérer des partenariats stratégiques : Développer des partenariats avec des entreprises étrangères pour accéder à de nouvelles technologies et à de nouveaux marchés.
Formation et développement des compétences : Investir dans la formation des managers et des employés afin de les aligner sur des standards mondiaux.
Communication et transparence : Améliorer la communication avec les parties prenantes et renforcer la transparence dans la gestion des entreprises publiques.

Quel est donc le rôle de l’État ?

L’État a un rôle crucial à jouer dans la fleuronisationdes entreprises publiques. Il doit :

Créer un environnement propice aux affaires : Simplifier les procédures administratives, réduire la bureaucratie et lutter contre la corruption.
Soutenir les entreprises stratégiques : Accorder des subventions, des garanties de prêts et des avantages fiscaux aux entreprises identifiées comme « stratégiques ».
Développer les infrastructures : Investir dans les infrastructures de base pour améliorer la compétitivité des entreprises.
Favoriser l’innovation : Soutenir la recherche et le développement et encourager l’innovation.

En conclusion, la fleuronisation des entreprises du portefeuille de la RDC est un projet ambitieux qui nécessite une approche globale et coordonnée. En tirant parti de ses atouts et en relevant les défis, la RDC peut transformer ses entreprises publiques en moteurs de croissance et de développement.

Séraphin Bukasa sbukasa@sbball.com – +243 820 26 36 75 Dadou Moano – moanodadou2gmail.com – +33 610 66 30 61

​​

Advertisement
Advertisement DRC Mining 2026
Bendele
Rawsur

Edito

ZoomEco TV