Economie
RDC : le prix du cobalt a chuté de 40 % en 2024 (rapport)

En 2024, le prix du cobalt a connu une dégringolade spectaculaire, tombant sous les 20.000 dollars la tonne. Un effondrement provoqué par une offre excédentaire persistante, largement portée par la République Démocratique du Congo (RDC), qui redistribue les équilibres d’un marché pourtant tiré par la croissance des véhicules électriques.
Chute libre des prix : -40 % en un an
Selon le dernier rapport du Cobalt Institute, le prix du cobalt a glissé de 35.000 USD/t début 2024 à moins de 20.000 USD/t en fin d’année, soit une baisse de plus de 40 %.
Cette tendance, amorcée en 2023, s’est accélérée avec l’entrée en pleine capacité du projet KFM (Kisanfu) piloté par le géant chinois CMOC en RDC, qui a injecté plus de 100.000 tonnes supplémentaires sur le marché.
Une offre mondiale tirée par trois acteurs
CMOC, Glencore et ERG représentent désormais 85 % des exportations de cobalt de la RDC, laquelle fournit à elle seule plus de 70 % de l’approvisionnement minier mondial.
La montée en puissance des capacités industrielles, combinée à la baisse de l’activité artisanale (désormais -2 % de la production congolaise), a permis une meilleure traçabilité, mais a aussi engendré un déséquilibre structurel de l’offre pour la 3ᵉ année consécutive.
Demande EV en hausse, mais pas assez vite
Côté demande, le marché des véhicules électriques (BEV) reste le principal moteur.
Le Cobalt Institute prévoit une croissance annuelle de la demande de 7 % jusqu’en 2030, pour atteindre environ 400.000 tonnes/an. Mais cette dynamique reste insuffisante pour absorber l’excédent actuel.
Vers un cobalt plus éthique mais moins rentable ?
Bonne nouvelle toutefois, saluent les experts : 82 % du cobalt raffiné mondial est désormais certifié RMI, attestant d’une chaîne d’approvisionnement responsable. Mais cette professionnalisation pourrait devenir une épée à double tranchant pour les opérateurs : en abaissant les barrières éthiques à l’entrée du marché, elle intensifie la concurrence… et pèse encore sur les marges.
Flory MUSISWA






















