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RDC : 111 millions de citadins attendus d’ici 2050, un défi majeur pour les infrastructures

D’après le rapport Dynamiques de l’urbanisation africaine 2025 publié en mars 2025 par l’OCDE en collaboration avec la BAD, Cities Alliance et CGLU Afrique, la République Démocratique du Congo (RDC) comptera environ 111 millions de citadins en 2050, contre 43,3 millions en 2020.
Cette croissance fulgurante fera du pays la troisième plus grande population urbaine d’Afrique, après le Nigeria (250 millions) et l’Égypte (147 millions), avec 64 % des congolais vivant en ville.
En 2020, 47 % de la population congolaise était urbaine, un taux qui devrait atteindre 50 % d’ici fin 2025. Mais contrairement aux tendances actuelles où Kinshasa concentre l’essentiel de la population, cette dynamique devrait favoriser l’émergence d’autres pôles urbains.
L’OCDE projette que la RDC comptera 17 grandes agglomérations d’ici 2050, la plaçant juste derrière le Nigeria (30 agglomérations) en Afrique subsaharienne.
Si cette transition démographique est un levier potentiel de développement économique, elle pose également des défis considérables en matière de gouvernance urbaine, relèvent les experts.
L’explosion des effectifs en ville exigera un accès amélioré aux services essentiels (eau, électricité, santé, éducation) et nécessitera un vaste plan d’infrastructures, incluant les voiries, les transports en commun et la gestion des déchets.
Une urbanisation à double tranchant
L’urbanisation accélérée de la RDC peut être un moteur de croissance, stimulant l’innovation, le dynamisme économique et la création d’emplois.
Une concentration accrue de talents et d’activités productives pourrait renforcer l’industrialisation et l’essor des services.
Par ailleurs, une meilleure structuration urbaine pourrait faciliter la modernisation du pays et attirer les investissements.
Cependant, les risques sont tout aussi importants. Une urbanisation mal maîtrisée pourrait aggraver les inégalités, accroître la pression sur des infrastructures déjà fragiles et favoriser l’extension de quartiers précaires, préviennent les experts.
Sans une planification efficace, la congestion urbaine, l’insécurité et les crises sanitaires deviendront des obstacles majeurs.
L’enjeu pour les autorités sera donc de canaliser cette transition urbaine en investissant dès aujourd’hui dans des infrastructures adaptées, des politiques de logement inclusives et une gouvernance territoriale efficace. Faute de quoi, le boom démographique pourrait se transformer en bombe sociale, freinant le développement plutôt que de le propulser.
Flory Musiswa






















