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[ENQUETE] – En sept mois, la facture de l’électricité a augmentée de 50% à Kinshasa !

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Alors que la qualité de la fourniture en électricité ne fait que se détériorer, les factures de consommation ne font qu’augmenter à Kinshasa. Et cette hausse s’effectue dans un silence absolu de la part de la Société Nationale d’électricité (SNEL). Nombreux sont ces abonnés qui ne cessent de se plaindre. Dans ce lot, Zoom Eco a fait un gros plan sur l’évolution semestrielle des factures payées par un ménage dans la commune de Bandalungwa. Résultat : près de 50% d’augmentation avérée.

Pour structurer cette enquête, Zoom Eco a cherché à cerner les facteurs qui ont motivé l’augmentation de ces factures, à identifier les auteurs de cette décision et leurs motivations, sans oublier l’incidence de cette augmentation sur la bourse de ménages concernés.

Ainsi, l’analyse part d’Août 2016 à Février 2017 où dans le quartier Adula de la commune Urbaine de Bandalungwa, ce ménage a vu sa facture mensuelle passer de 22 815 CDF à 34 620 CDF, soit une hausse de près de 50% ; avec un prix du kilowattheure passant de 91,4800 CDF à 11,720 CDF pour la même période, soit une augmentation de près de 28%.

Une hausse, deux facteurs

Le premier est attribué à la dévaluation du franc congolais perturbant ainsi tous les paramètres économiques du pays en même temps qu’elle a contribué à l’effritement du pouvoir d’achat du congolais lambda. Des sources proches de la SNEL sont d’avis que le taux de change de ces 10 derniers mois, allant de 920 jusqu’à 1 335 CDF le 1 dollar américain actuellement, ne devrait qu’avoir une incidence sur le prix de chaque facture à supporter par l’abonné.

Le second facteur se justifie par le statut de commerçant reconnu à la SNEL. Lequel statut la dédouane de l’application d’un tarif à caractère « social » pour bénéficier, en contre partie, des subventions et des exonérations avec une forte mainmise de l’Etat dans sa gestion.

Dans le cas d’espèces, soutient la même source, cette entreprise qui achète ses matières premières et fournitures en monnaie étrangère alors qu’elle vend en monnaie locale est obligée, comme tous les opérateurs économiques du pays, de revoir les prix de ses services pour éviter d’éventuelles pertes.

Décideurs de l’augmentation
En réalité, c’est le Ministère de l’Economie Nationale du Gouvernement central qui est juridiquement sensé fixer les tarifs de vente de l’énergie électrique sur toute l’étendue du pays.

Entre-temps, tant que la SNEL jouit d’une autonomie financière, elle est libre de définir l’équilibre de ses charges en fonction de ses recettes dans le cadre d’une gestion rationnelle et orthodoxe. D’où, sa latitude de proposer les tarifs qui lui garantissent cet équilibre. Reste à savoir si cette proposition a préalablement reçu l’approbation de l’autorité habilitée avant son application.

Incidences sociales
S’il est vrai que la situation économique du pays est alarmante, il est tout aussi réel que le pouvoir d’achat du congolais ne cesse de s’effriter dans un contexte de pauvreté où la majorité vit avec moins d’un dollar américain par jour. Supporter le partage de cette perte par le congolais lambda est une charge supplémentaire qui complique la bourse financière de la plupart de ménages alimentée à l’improviste.

« L’Etat congolais a longtemps juré sur la transformation des entreprises du portefeuille comme une des solutions phares pour l’amélioration du climat des affaires. Un raté ! Le même Etat, à travers son Exécutif national a chanté et répété jusqu’à n’en pas finir, le refrain de la stabilité du cadre macro-économique légendaire. Encore raté ! Pour payer la douloureuse facture de leurs ratés, l’Etat congolais, à travers la SNEL, fait augmenter à près de 50% le tarif de l’électricité », a commenté un abonné sous l’anonymat exprimant son ras-le-bol.

Dans la cité, nombreux sont ceux qui n’arrivent pas à comprendre comment et pourquoi la SNEL n’arrive-t-elle pas à annoncer les augmentations de ses factures alors qu’elle brille par une communication agressive et dérangeante souvent avec des agents qui crient dans les rues chaque matin pour rappeler aux abonnés les échéances de paiement de leurs factures. Pourquoi la SNEL fait-il valoir ses droits alors qu’elle se tait au sujet de ceux de ses consommateurs ?

Face à cette situation, d’aucuns estiment qu’avec une Ligue des Consommateurs efficace et dynamique, les droits des abonnés seraient respectés. Si l’élite intellectuelle est invitée à y réfléchir sérieusement, le peuple congolais devrait prendre conscience de l’ampleur du danger et le pouvoir public devrait veiller aux intérêts publics au profit de sa population. Il y a lieu d’envisager également l’organisation d’un séminaire sur le marché de l’énergie électrique face à la libéralisation du secteur.

Zoom Eco

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