Economie
RDC–France : Mukoko Samba fait le point sur les relations économiques

Les relations économiques entre la République démocratique du Congo et la France restent en construction, entre potentiel reconnu et concrétisation encore progressive. C’est dans ce cadre que le Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, est intervenu à Kinshasa, en marge des échanges organisés lors de la 9ᵉ édition de la Semaine française, un rendez-vous économique réunissant acteurs publics et privés du 22 au 24 avril 2026.
Les flux commerciaux entre les deux pays, estimés à un peu plus de 200 millions de dollars sur la période 2021-2022, traduisent une relation existante, mais encore limitée au regard des capacités économiques respectives.
Cette réalité s’inscrit dans un contexte international marqué par la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement, la montée en puissance des enjeux liés à la transition énergétique et la recherche de nouveaux relais de croissance.
Les grandes institutions internationales, dont le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM), soulignent que les pays riches en ressources naturelles disposent d’une opportunité stratégique pour mieux s’intégrer dans les chaînes de valeur mondiales.
Cette intégration repose toutefois sur la capacité à transformer localement, à structurer l’environnement des affaires et à attirer des investissements durables.
À l’échelle du continent, certaines économies anglophones offrent des points de comparaison.
Le Ghana et le Kenya, par exemple, ont progressivement renforcé leurs partenariats économiques avec les États-Unis et le Royaume-Uni à travers des politiques industrielles ciblées et des dispositifs d’attraction des investissements.
Le Kenya a misé sur le numérique et les services, tandis que le Ghana a développé des initiatives liées à la transformation de ses ressources, notamment dans le secteur minier.
Des travaux du African Center for Economic Transformation et du Center for Strategic and International Studies mettent en évidence une constante : les pays qui parviennent à capter davantage de valeur sont ceux qui structurent leurs politiques autour de chaînes de valeur complètes, allant de la production à la transformation.
Dans ce contexte, la relation entre la RDC et la France pourrait évoluer vers une dynamique plus intégrée.
Les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de l’agro-industrie et des services offrent des perspectives, en lien avec les priorités de diversification économique du pays.
Les experts du secteur insistent sur plusieurs leviers. La stabilité du cadre réglementaire demeure essentielle pour sécuriser les investissements. La structuration de projets à forte valeur ajoutée apparaît également déterminante pour éviter une simple logique d’exportation brute.
Enfin, l’amélioration des infrastructures logistiques et énergétiques conditionne la compétitivité globale.
La Semaine française de Kinshasa met en évidence une réalité simple. Le potentiel est identifié, les échanges existent, mais leur montée en puissance dépendra de la capacité à transformer les intentions en investissements concrets.
Dans un environnement marqué par une concurrence accrue entre destinations africaines, la relation RDC–France reste appelée à se structurer davantage pour accompagner les mutations économiques en cours.
Flory MUSISWA






















