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RDC : à fin juin 2025, le déficit budgétaire chiffré à 2.160,4 milliards de CDF

À la fin du premier semestre 2025, la situation des finances publiques de la République Démocratique du Congo affiche des disparités remarquables.
A en croire les données publiées par la Banque Centrale du Congo (BCC), l’exécution du Plan de trésorerie de l’État s’est soldée par un déficit cumulé de 2.160,4 milliards de Francs congolais (CDF), soit plus de 749,6 millions de dollars.
Ce déficit résulte d’un volume total de recettes mobilisées à hauteur de 13.409,0 milliards de CDF, contre des dépenses exécutées atteignant 15.569,4 milliards de CDF sur la même période.
Cette situation budgétaire, bien qu’inquiétante à première vue, s’inscrit dans un contexte de pressions multiples sur les finances publiques, notamment les dépenses liées aux engagements sociaux, aux subventions et aux projets d’investissement publics.
Le Gouvernement congolais, dans sa Loi des Finances 2025, avait fixé des prévisions de recettes à 51.553,5 milliards de CDF, soit près de 18 milliards USD pour l’ensemble de l’année.
Ainsi, à mi-parcours, environ 26,2 % de ces recettes annuelles prévues ont été mobilisées.
Par ailleurs, les dépenses ont également progressé à un rythme soutenu, traduisant les besoins importants de financement des politiques publiques dans divers secteurs : sécurité, santé, infrastructures, éducation ou encore couverture électorale dans les zones en attente de scrutins complémentaires.
Face à ce déficit, les autorités congolaises devraient arbitrer avec prudence entre rigueur budgétaire et relance de l’investissement public, tout en maintenant l’objectif de stabilité macroéconomique.
Le recours éventuel à des financements extérieurs ou à des ajustements dans la structure des dépenses pourrait être envisagé dans les mois à venir, pour éviter d’accentuer les tensions sur le marché monétaire et préserver la crédibilité des engagements financiers de l’État.
La deuxième moitié de l’année sera donc décisive pour atteindre les objectifs budgétaires fixés, tout en limitant le recours au financement monétaire, susceptible d’alimenter les pressions inflationnistes déjà sensibles sur les produits de base.
Mitterrand MASAMUNA
























